FLORUS
Lorsque la Sicile fut au pouvoir du peuple romain, L. Cornélius Scipion, portant aussitôt plus loin la guerre,
que Corsicam transit : Olbice hic, ibi Aleria^ urbis excidio incolas terrait, adeoque omnes terra marique Pœnos expugnavit, ut jam victorias nihil nisi Africa ipsa restaret.
TACITE, Hist., Liv. II, Ch. XVI.
Corsicam ac Sardiniam ceterasque proximi maris insulas fama victricis classis in partibus Otlionis tenuit. Sed Corsicam propè afflixit Decimi Pacarii procuratoris temeritas, tanta mole belli nihil in summum profutura, ipsi exitiosa. NamqueOthonis odio, juvare Vitellium Corsorum viribus statuit, inani auxiUo etiamsi provenisset. Vocatis principibus insulae, consilium aperit; et contradicere ausos, Claudium Phirricum trierarchum liburnicarum ibi navium, Quinctium Certum equitem romanum, interfeci jubet ; quorum morte exterriti qui aderant, simul ignara et alicui
passa en Sardaigne et, tout près de là, en Corse ; par la destruction d'Olbie en Sardaigne et d'Aleria en Corse, il remplit de terreur les habitants de ces iles, et triompha de tous les Carthaginois, sur terre et sur mer, de sorte que, pour achever sa victoire, il ne lui restait plus qu'à soumettre l'Afrique elle-même. (An de Rome 495).
TACITE, Histoires.
Le bruit de la victoire navale d'Othon retint dans son parti la Corse et la Sardaigne, et les autres iles de ces mers. Toutefois, le procurateur Décimus Pacarius pensa faire le malheur de la Corse, par une témérité qui, dans ce grand choc de tout l'empire, n'eût été nullement décisive pour son parti, et qui fut très fatale à lui-même. Pacarius, qui haïssait Othon, résolut d'aider Vitellius de toutes les forces de son île : vain secours quand même il eût été effectif. Il convoque les principaux insulaires, leur fait part de son projet; et comme Claudius Phirricus, triérarque des galères stationnées dans File, et Q. Certus, chevalier romain, osèrent le contredire, il les fait tuer. Le
metùs socia imperitorum turba, in verba Vitellii juravere. Sed ubi delectum agere Pacarius et inconditos homines fatigare militiae muneribus occœpit, laborem insolitum perosi infirmitatem suam reputabant : « Insulam esse » quam incolerent, et longé Germaniam vircsque legionum ; » direptos vastatosque classe etiam quos cohortes alaeque » protégèrent. » Et aversi repente aninii : nec tamen aperta vi : aptum tempus insidiis légère. Digressis qui Pacarium frequentabant, nudus et auxilii inops balineis interficitur ; trucidati at comités. Capita ut hostium, ipsi interfectores ad Othonem tulere ; neque eos aut Otho praemio afïerit aut punivitVitellius, iamulta coUuvie rerum majoribus flagitiis permixtos.
reste de l'assemblée qu'intimide leur mort, et, avec eux, cette multitude imbécile qui partage aveuglément les frayeurs d'autrui, jurent obéissance à Vitellius. Mais, aussitôt que Pacarius eut commencé à faire des levées, et à fatiguer d'exercices militaires des hommes étrangers à la discipUne, dans leur aversion pour ces travaux inaccoutumés, ils se mettent à réfléchir sur leur propre impuissance, sur la position de leur pays, qui était une île, sur l'éloignement de la Germanie et de ses légions, sur les ravages de la flotte dans les contrées même que protégeait une armée. Tout à coup leurs dispositions changent. Ils n'emploient cependant pas la force ouverte, choisissent un moment où Pacarius avait renvoyé sa suite, et, le surprenant dans le bain, ils le tuent. Ses amis furent aussi massacrés. Toutes ces tètes furent portées à Othon par les meurtriers eux-mêmes, comme les tètes d'autant d'ennemis ; et ni Othon ne récompensa, ni VitelUus ne punit une action qui, dans ce long amas d'atrocitéS;, se perdit parmi de plus grands forfaits. (70 ap. J, G.)
(Traduction de la collection Nisard.)
XVI APPENDICE