O AU LECTEUR
Le XIP siècle, qui a vu naître dans le Foiez ces dernières institutions , fruits et souvenirs des croisades , a été pour notre province un siècle remarquable. Cette grande fondation des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, comme tf)utes les fondations utiles, y avait jeté de profondes racines; et ce n'est pas sans admiration que nous avons vu une petite province comme celle du Forez , compter sur tous ses points, dans sa plaine comme dans ses montagnes , au nord comme au midi, un grand nombre de maisons hospitalières de Saint- Jean. Quand cet ordre célèbre, survivant pour ainsi dire à lui-même, ne resta plus dans le Forez que comme un souvenir glorieux des croisades et de la part que la noblesse forézienne y avait prise, de toutes ces maisons hospitalières, trois commanderies de Saint-Jean ont encore vécu dans notre province jusqu'à la fin du siècle dernier : celle de Montbrison , celle de Chazelles et celle de Verrières.
A côté de ces souvenirs des chevaliers de Jérusalem, nous avons retrouvé , avec non moins de plaisir, quelques traces , hélas 1 trop effacées , d'un ordre non moins fameux : celui des Templiers. En sorte que Ton peut dire avec vérité qu'aucune des gloires chevaleresques du moyen-âge n'a manqué à notre Forez.
Nos comtes, qui ont pris, avec leurs nombreux vassaux, une si large part aux croisades (cinq y sont allés , deux y sont morts), ont peut-être été appelés à ces guerres illustres par leur alliance avec les Lusignan , rois de Chypre et de Jérusalem. Cette alliance, il est vrai, n'est pas admise par tous les historiens , mais la légende l'a acceptée, la tradition la conserve, et il nous semble qu'elle peut s'appuyer sur la glorieuse et large part qu'une province aussi petite que l'était le Forez a prise au grand mouvement des croisades.
Pour ces divers établissements religieux , hospitaliers ou chevaliers, nous n'avons pas entendu écrire des notices aussi détaillées que sur les autres couvents de Montbrison. Ce sont simplement quelques notes recueillies dans le cours de nos