‹ Histoire des couvents de Montbrison avant 1793Chapitre 98 sur 111 · TERRAY · texte numérisé non relu

TERRAY

1709. — TERRAY Jeanne, sœur Saint-Augustin, ursuline, 18 ans, fille d'Antoine, avocat du roi au bailliage de Roanne, et de...

1713. — TERRAY Pierrette, sœur Sainte-Luce, ursuline, 16 ans,

1742. — TERRAY N..., sœur Saint-Priest (pères et mères inconnus) .

Famille du Roannais, seigneur de Rosières vers 1720, de la baronnie de Saint-Germain-Lespinasse, de Pierrefite, de Béclandière (fief et château en ruines, paroisse de Nailly), par acquisition faite en 1757 par Pierre Terray, chevalier, seigneur de Rozières^ conseiller du roi, de Mademoiselle Charlotte du Maine du Bourg, veuve de Louis de Lostanges, de Changy, de Saint-Bonnet-des^uarts et de Saint-Rirand, par acquisition faite en 1782 par messire Antoine-Jean Terray, du marquis de Vauborol.

La famille Terray a fourni un secrétaire du roi au grand collège en 1718, Antoine, marié à Marianne Dumas ; c'était sans doute le même que le père d'une de nos religieuses ; un chanoine-chantre (deuxième dignité du chapitre de Montbrison), de

1710 à 1732; un abbé de Belleville, Pierre Terray, en 1725 ; un procureur général à la cour des Aydes de Paris et maître de requêtes en 1 750, Pierre Terray de Rosières, fils d'Antoine, chevalier, seigneur de Saint-Germain-Lespinasse ; un intendant de la généralité de Moulins en 1782, puis intendant de police, justice et finances de Lyon en 1790, Antoine-Jean Terray de Rosières, seigneur de Lespinasse, une des victimes de la Terreur à Lyon en 1 793 ; il était fils du précédent.

ALLIANCES

Avec les du Myrat de Verpré, vers 1 750, et les Nompère de Champagny de Pierrefite, vers 1 760, par les deux mariages de Nicole Terray, sœur du procureur général des Aydes.

L'Armoriai du Lyonnais, Forez et Beaujolais rattache à la même famille Tabbé Jean-Marie Terray, né à Boën en 1715, contrôleur général des finances, ministre d'Etat, commandeur-secrétaire des ordres du roi, abbé de Molesme et de Troarn, seigneur de la Motte, Tilly, etc.^ mort à Paris en 1778. Sans avoir trop égard à la tradition qui, dans le Forez, fait naître Tabbé Terray d'un boulanger de Boën, nous pensons qu'il n'avait aucun lien de parenté avec les Terray de Rosières; du moins, aucun membre de cette famille Terray de Rosières ne parait avoir habité Boën ni avant ni après la naissance du ministre d'Etat. En 1642, on trouve au contraire Jean Terray, bourgeois de Boën. Cependant un portrait du fameux abbé Terray porte les

mêmes armoiries que celles des Terray du Roannais; mais il était bien facile au ministre Terray de se rattacher par une généalogie apocryphe aux Terray de Rosières.

THOME

1749. — THOMÉ Anne, visitandine, 17 ans, fille de feu noble Louis, docteur-médecin à Montbrison, et de dame Antoinette Moissonnier (voir ce nom).

Les Thomé, que TArmorial du Lyonnais, Forez et Beaujolais croit originaires de la Suisse, étaient représentés à Lyon en 1642.

La branche qui se fixa en Forez au commencement du XVIII* siècle, devint seigneur de Saint-Cyr-de- Valorge, de Lespinasse et du Perray, château près de Neulise.

Les Thomé ont fourni un prévôt - général de la maréchaussée du Lyonnais; il fut chargé en 1642, de la garde dans le château de Pierre-Scise à Lyon, de Messieurs de Cinq-Mars et de Thou, décapités à Lyon le 12 septembre de cette môme année; un docteur-médecin à Lyon, Jean-Baptiste Thomé, en 1684, jouissant d'une grande fortune ^t d'une

grande célébrité; deux docteurs en médecine à Montbrison, Louis, mort au château du Perray, père de notre religieuse^ et noble Etienne Thomé, docteur-médfecin à Montbrison en 1731 ; un capitaine aux Cent Suisses de la garde royale, Jean- Antoine Thomé de Saint-Cyr, en 1770.

ALLIANCES

Avec une tdimilW Joisselj par le mariage en 1684 de Jean-Baptiste Thomé, le médecin de Lyon, avec Marie Joissel, veuve de Pierre Gars, procureur du roi au siège de Meulan ; elle était depuis dix années détenue pour crime d'adultère dans les prisons de Sainte-Pélagie à Paris, et ne devait en sortir que sur Toffre qui serait faite par une personne honorable de la prendre en mariage; Jean - Baptiste Thomé se dévoua ;

Avec les Punctis, par le mariage en 1771 de Jean-Antoine Thomé de Saint-Cyr, le capitaine des Cent Suisses, avec Marianne-Louise Punctis de La TouTj fille du seigneur de Boën ;

Avec les Godinetj par le mariage, avant 1781, d'Antoinette-Henriette Thomé du Perray, sœur de notre religieuse, avec Pierre Godinet, inspecteur général des manufactures de Normandie, demeurant en 1 788 au château de la Chambre (Saint-Haon-le- Vieux) .

THOYN.ET DE BIGNY

1677. — TIIOYNET :.:a-:t:-Cathe?jive, visiiandine^ 16 anS;^

1681. — THOYNET MAms-KiLvr.i: visitandine, 1 9 ans^

1682. — THOYNET Catherine (sœur Saint- Paul), ursuline, 16 ans,

1685. — THOYNET Anne -Elisabeth, visitandine, 16 ans, filles d'honorable Pierre Thoynet, notaire à Montbrison, et de Catherine Chauvin.

1702. — THOYNET Marie -Pierrette, visitandine, 17 ans,

1703. — THOYNET Catherine, ursuline, 16 ans, filles de noble Sébastien Thoynet, écuyer, conseiller et procureur du roi au bailliage de Montbrison, et de dame Elisabeth Pasturel (voir ce nom) .

La famille Thoynet, comme tant d'autres bonnes familles de notre province, a dû au notariat le commencement de sa fortune. Pierre Thoynet, fils et frère de boulangers à Montbrison, remplit dans cette ville les fonctions de notaire de 1661 à 1698. Pendant ce long exercice il acquit assez de fortune et de considération pour acheter à son fils Sébastien,

FAM. DU FOaiZ 21

avocat en parlement et juge de Magnieu- Haute- Rive et de Magnieu-le-Gabion en 1 686, une charge de conseiller qui suffisait pour anoblir.

La famille Thoynet devint sieur de Bigny (Peurs), par achat, vers 1 730, des religieuses de La Bénissons-Dieu du fief de Bigny, et sieur du Peynod (près de Chalain-d'Uzore), aujourd'hui à la famille de La Plagne.

Elle a fourni un conseiller du roi, lieutenant en Télection de Montbrison, Etienne, en 1700; un procureur du roi, Henry-Joseph Thoynet, qui devint conseiller au bailliage de Forez ; il fit construire et orner de beaux ombrages le château de Bigny vers 1740, et en prit le nom; un conseiller, procureur du roi au bailliage de Forez, qui devint maître des requêtes en la cour des Aydes à Paris, Etienne Thoynet, mort en 1769; son fils^ receveur général des ponts et chaussées à Paris en 1772, devint^ avec Henry-François du Rosier de Magnieu, co-seigneur engagiste de Montbrison, de Châtelneuf et de Saint- Bonnet-le-Courraux, peu avant 1789; un capitaine au régiment de Normandie, Jacques-Claude-Joseph Thoynet de Bigny, en 1765; un bienfaiteur de Thôpital Sainte-Anne de Montbrison, Sébastien Thoynet de Bigny, qui lui fit don, en 1749, d'un domaine appelé La Goutte, situé à Saint-Paul-d'Uzore; un chanoine au chapitre de Montbrison, Sébastien- Suzanne Thoynet de Bigny en 1 790, et une victime de la Terreur, Clorobert de Bigny, mort à Feurs en 1793.

Avec les Chapuis de La Goutte, seigneurs de Maubou et de La Bruyère, par le mariage vers 1 700 de Marie Thoy net avec Pierre Chapuis ;

Avec les de Rivoire du PalaiSj par le mariage en 1714 d'Etienne Thoynet avec Jeanne-Marie- Espérance de Rivoire ;

Avec les Terray, par le mariage avant 1743 de Marie-Christine Terray, sœur de Tabbé Terray, ministre de Louis XV^ avec Etienne Thoynet, le maître des requêtes de la cour des Aydes ;

Avec les Goulard de Curraize, par le mariage vers 1740 de noble Henri-Joseph Thoynet de Bigny avec dame Elisabeth Goulard;

Avec les Pauze, par le mariage en 1752 de Claudine-Catherine Thoynet de Bigny, avec Jacques Alexis Pauze;

Avec les Flachat, seigneurs de Saint-Bonnet-les- Oules, par le mariage vers 1760 de Jacques-Claude- Joseph Thoynet de Bigny avec Anne Flachat ;

Avec les familles Gémier des Perrichons, de Montbi'un et de Viry.

Avec les Gonin de Lurieu du Palais, par le mariage en 1786 de Joséphine-Françoise Thoynet de Bigny avec Jean-Louis de Lurieu du Palais.

La famille Thoynet de Bigny est représentée aujourd'hui au château de Bigny par les de Bec de Lièvre (famille bretonne).

Un Thoynet de La Turmelière était en 1867 membre du Corps législatif, officier de la Légion d'hon-

neur en 1879^ administrateur du Chemin de fer de rOuest à Paris; je le crois un descendant de la branche des Thoynet qui s'était fixée à Paris.

DE TOURNOiN

1745. — DE TOURNON Marie-Hélène, visitandine, 16 ans, fille de François-de-Paule de Tournon, demeurant au château du Monteil (Vivarais), et de dame Françoise de Létrange.

La famille de Tournon, originaire du Vivarais, connue dès le xi* siècle, était seigneur de Tournon^ de Serrières, du Colombier (Ardèche)^ par acquisition des Tachon de la Mâtre vers 1317, de Beauchâtel, Retourtour, Argental, par alliance au xiv* siècle avec les Pag an et les Retourtour du Monteil (Ardècho), et de Roussillon (Isère).

Cette famille est représentée de nos jours au château de Montmelas (Beaujolais) par un descendant d'Alexandre^ fils légitimé en 1498 de Jacques de Tournon et d'Antoinette de Saint-Priest.

Cette illustre famille a fourni plusieurs évêques; un archevêque de Lyon, Fra^^çois, en 1551; un

cardinal; des sénéchaux d'Auvergne et du Vivarais; un gouverneur de Lyon et des pairs de France.

François-de-Paule de Tournon du Monteil, père de notre religieuse, appartenait à une branche de la grande famille de Tournon ; un de ses ancêtres, N. . . de Tournon du Monteil, figure dans le grand procès qui s'ouvrit en 1646, au sujet de la succession de Just-Louis II de Tournon, dans laquelle il se porta comme un de ses héritiers.

Nous avons peine à comprendre aujourd'hui comment une fille de cette grande famille de Tournon venait prendre Thabit religieux dans un petit couvent éloigné du centre d'où rayonnait alors sa famille, à moins qu'il n'existât quelques liens inconnus de parenté entre la famille Tournon du Vivarais et celle du même nom qui, bien moins relevée, brillait cependant d'un certain éclat à Montbrison, aux xv% xvi* et xvii"" siècles. La famille de Tournon du Forez paraît s'être éteinte au xvm* siècle dans les Mazenod, sieurs de Pavézin (sur les bords du Rhône) et plus tard de Saint-Marcellin (Loire) . Les armes de ces deux familles de Tournon sont cependant bien différentes.

La famille forézienne de Tournon était connue en Forez dès le xiv* siècle.

Elle a fourni un chanoine au chapitre de Montbrison, Pierre de Tournon, en 1399; un seigneurengagiste de Feurs, Claude, en 1460; un des quatre consuls de Montbrison, Antoine, en 1479; un lieutenant-général du bailli de Forez, Claude, en 1517,

334 FABfILLBS NOBLBS

auquel nous croyons que se rapportait l'inscription érigée dans la nef gauche de Tancienne église Saint- Pierre de Montbrison * ; un conseiller au parlement de Dijon^ Claude^ décédé à Montbrison en 1538 (il fut le bienfaiteur, nous pourrions presque dire le fondateur du collège de Montbrison, qu'il institua héritier de sa riche succession); un élu en l'élection de Montbrison, Charles de Tournon, en 1649.

ALLIANCES

Les de Tournon, du Vivarais se sont alliés avec les de La Guiche, de Montmorency ^ de Ventadour, de PolignaCj de Caderoitsse, de ChevriêreSj de Saint'Priest .

TRICAUD DU MONCEAU

1701. — TRICAUD DU MONCEAU Marie (sœur Saint-Germain), ursuline, 17 ans, supérieure de son couvent en 1748, fille de noble Louis, sieur du Piney, et de Catherine Caze (voir Caze).

1737. — TRICAUD du MONCEAU Catherine- Pierrette (sœur Saint-Basile), ursuline 16 ans,

1 Voir cette iuscriptioDf tome II des CouvenU de Montbriiony p. 14.

1741. — TRICAUD du MONCEAU, Marie - Marguerite (sœur Saint -Michel), ursuline, 17 ans, décédée en 1772, filles de feu Jean-Baptiste, écuyer, conseiller du roi, et de dame Blanche de François.

Les Tricaud, sieurs du Monceau * (fief et châtelet situé à Salt-en-Donzy), du Piney (Saint-Cyr-les Vignes) et de Bornât (en Roannais), paraissent originaires de Feurs où on les trouve dès Tannée 1385 avec le titre de bourgeois.

La famille Tricaud adonné un capitaine-châtelain à Sury-le-Bois, de 1614 à 1635, noble Jean Tricaud de Bornât; il devint, en 1634, conseiller du roi, lieutenant particulier criminel de la maréchaussée de Forez ; un élu en l'élection de Roanne, en 1630, Claude, un des bienfaiteurs de l'hôpital de cette ville ; un lieutenant criminel au bailliage de Montbrison, en 1632, noble André Tricaud du Monceau, fils; il était en même temps seigneur engagiste de Sury-le-Bois ; un capitaine au régiment de Monaco, Louis Tricaud^ mort vers 1750.

Avec les du F^v^^y, par le mariage vers 1619

1 Le ch&telet du Monceau, sur le joli coteau de Salt-en-DoDzy, flanqué de ses deux tourelles i toit aigu, malgré son délabrement, conserve encore un cachet seigneurial; en 1753, il fut vendu par décret contre Louis Tricaud à M. Benoit Sauvade, entrepreneur d'armes pour le service du roi à Saint- Etienne, qui prit le nom de sieur du Monceau, puis du Porrey (Saint-Cyrles- Vignes). Le Monceau passa vers 1820 dans la famille Gognet des Gouttes qui le possède encore. Le château du Perrey resta à la famille Sauvade, représentée plus tard par Madame de Leyssati^ jusqu'en 1879, où il fut vendu à M. Richard de La Prade (voir ce nom) .

336 FAMILLSS NOBLES

de Colombe Tricaud avec Jacques du Vemey, capitaine-châtelain de Feurs ;

Avec les de La Mur e-C hantais, par le mariage vers 1650 de Claude Tricaud^ Télu en l'élection de Roanne^ avec Isabelle de La Mure-Chantois ;

Avec les Piètre, de Feurs, vers 1 620 , et les de VinolZj par les deux mariages d'André Tricaud du Monceau (le lieutenant criminel), avec demoiselle Anne Pictrej et avec Françoise de Vinolz;

Avec les Croppet de Saint-Romainj par le mariage avant 1664 de N... Tricaud, fille de Claude, l'élu en l'élection de Roanne ;

Avec les de Paleme, par le mariage vers 1670 de Thomas Tricaud avec Jeanne de Paleme;

Avec les Cognet des Gouttes, par le mariage vers 1670 de Marguerite Tricaud avec Marc Cognet (voir ce nom) ;

Avec les Nompère de Rongefer (fief à Pouillysous-Charlieu), par le mariage avant 1682 de Colombe Tricaud, fille d'André, avec Henri de Nom-père ;

Avec les de Laurencin, par le mariage avant 1682 de Marguerite Tricaud, autre fille d'André, avec Pierre de Laurencin;

Avec les PunctiSj par le mariagp de Sybile Tricaud avec Benoit Punctis (voir ce nom) .

La tradition a attaché au nom des Tricaud un souvenir de batailleurs et de mauvais voisins ; elle rapporte qu'Antoine, fils d'André le lieutenant 4*iniinel du bailliage, assassina dans un duel (vrai

guelrapens)^ Jacques Tixier du Soleillant, son voisin. Le crime resta impuni^ grâce au lieutenant criminel, père du meurtrier, et ne reçut d'autres réparations que des prières publiques que le clergé de Feurs allait faire chaquée année, avant 1793, pour rame de la victime, au pied d'une croix érigée sur la chaussée de l'étang de la Croisette, où le duel avait eu lieu ^ .

On reproche encore aux Tricaud d'avoir, au commencement du xviii" siècle, pillé et incendié le château de La Garon, situé près de SainirBarthélemy-Lestra, dans le voisinage de celui du Monceau.

D'URFE

1640. — d'URFÉ Anne-Marie (sœur de l'Assomption), abbesse de Sainte- Claire, décédée en 1680,

1640. — d'URFÉ Elisabeth- Ajmée (sœur de tous les Saints), religieuse de Sainte-Claire,

1680. — d'URFÉ Anne (sœur de tous les Saints),

i Voir mon Histoire de Feurs, p. 281.

abbesse de Sainte -Claire, décédée en 1709, filles de Jacques d'Urfé, deuxième du nom, et de Marie DE Neuville (voir Neuville).

1709. — d'URFÉ Thérèse (sœur de tous les Saints), abbesse de Sainte-Claire, décédée en 1745, fille d'Emmanuel-Lascaris d'Urfé et de N... d'Allègre.

La famille d*Urfé, a été, sans contredit et sous tous les rapports, la famille la plus remarquable du Forez. Elle est mentionnée dès le xii* siècle dans une charte du cartulaire de Savigny.

Elle devint, dans le Forez, seigneur d'Urfé, de Saint-Just-en-Chevalet, de Rochefort (près de Saint- Didier), de Nervieu, de Grénieu, de Mays, de Miribel, de La Bâtie, de Saint -Julien- la -Vètre, de Bussy, de Souternon, de Saint-Etienne-le-Molard; outre les seigneuries d*Entraigues, de Bagé, hors de notre province, et le château et la seigneurie du Mare, qu'elle possédait en Savoie.

La résidence habituelle de la famille d'Urfé fut d'abord le château de ce nom (près de Saint-Justen-Chevalet), dont les ruines pittoresques couronnent encore les hautes montagnes qui séparent le Forez de l'Auvergne; au commencement du xv* siècle, elle se fixa au château de La Bâtie (Saint- Etienne-le-Molard), où Pierre, Jacques et surtout Claude d'Urfé firent de nombreux embellissements, y réunirent des collections artistiques de tous genres et y érigèrent surtout cette merveilleuse

chapelle qui fit si longtemps l'admiration des touristes foréziens.

Ses débris, transportés à Paris depuis deux ans, font l'admiration des artistes de la capitale, étonnés d'avoir ignoré si longtemps un pareil chef-d'œuvre.

La famille d'Urfé a fourni cinq grands baillis de Forez: Pierre, deuxième du nom, en 1486, Claude, en 1535, Jacques, premier du nom, en 1558, Anne en 1574 et Emmanuel, en 1650; trois abbesses au couvent de Sainte-Claire, qui se succédèrent dans cette dignité comme leurs pères ou leurs frères s'étaient succédé dans celle de bailli ; un doyen du chapitre de Montbrison (de 1604 à 1611), Anne d'Urfé, qui, las des déceptions qu'il avait subies dans son rôle de chef des ligueurs en Forez, se fit prêtre en 1603; il était en même temps prieurcommandataire de Montverdun, comte de Lyon et vicaire général du diocèse de Savoie ; un abbé de la Chaise-Dieu, Antoine, frère du précédent, comme lui partisan de la Ligue ; chassé de son abbaye par les royalistes, il se fit nommer évoque de Saint- Flour, mais il ne put pas mieux prendre possession de son évêché; un évêque de Limoges, Louis d'Urfé, mort en odeur de sainteté en 1695; deux chevaliers des ordres du roi, Claude d'Urfé, en 1550 et Jacques I", en 1568; Jacques était dès l'année 1550 lieutenant général du roi au- pays de Forez; un chevalier de Malte, Honoré d'Urfé, en 1583; un maréchal grand-croix de l'ordre des Saints-Maurice et Lazare de Piémont, Jacques, deuxième du nom,

3é0 FAMILLES NOBLES

vers 1620; trois fondateurs de couvents, Pierre, deuxième du nom, qui établit tout auprès de son Tîhâteau de La Bâtie un couvent de Cordeliers vers 1490, et le couvent des Sainte-Claire de Montbrison en 1500; Jacques d*Urfé, deuxième du nom, fondateur vers 1605, sur le mont d'Uzore^ de plusieurs ermitages dédiés à sainte Geneviève, en Thonneur de sa fille aînée Geneviève, qui devint par son mariage duchesse de Croy, et Emmanuel d'Urfé, qui dota Montbrison d'un deuxième couvent d'Ursulines, en 1648.

Ce n'est pas seulement dans leur province que les d'Urfé remplirent de hautes fonctions, ils furent aussi remarqués à la cour des rois de France et des princes' de Savoie.

Trois membres de cette famille remplirent à la cour de France les hautes fonctions de chambellans, Pierre^ premier du nom vers 1440, Claude d'Urfé en 1550, et Jacques, frère d'Honoré, vers 1620.

Dans la généalogie des d'Urfé, on remarque encore :

Un grand écuyer de France et de Bretagne, Pierre d'Urfé, deuxième du nom, qui commanda l'armée que Charles VIII envoya en Italie pour la conquête éphémère du royaume de Naples ; il eut la gloire bien préférable de négocier, en 1491, le mariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne, mariage qui a donné à la France une de ses plus belles provinces ; un ambassadeur à Rome, Claude d'Urfé, qui, en cette qualité, représenta la France

au concile de Trente ; il était aussi surintendant de la maison du Dauphin et gouverneur des enfants de France; un lieutenant-général de cavalerie en France, Jacques d'Urfé, frère d'Honoré (1620) ; un maréchal de camp des armées du roi, Emmanuel d'Urfé (1649), et deux généraux dans Tarmée de Piémont, Honoré d'Urfé (1600) et Emmanuel d'Urfé (1649).

A ces hautes dignités religieuses, administratives ou militaires, les d'Urfé ont joint une autre illustration, la gloire littéraire, dont trois membres de cette famille, Anne, Antoine et Honoré, ont joui pendant leur vie au xvii* siècle. De leurs divers ouvrages en prose ou en vers un seul a survécu, le roman de VAstréey dû à la plume d'Honoré d'Urfé. Ce roman a eu une réputation européenne. Il a été traduit en plusieurs langues et a charmé les loisirs de toutes les classes de la société et surtout des hommes d'élite des xvn* et xviii* siècles, parmi lesquels Pellisson, La Fontaine, Boileau, Ségrais, saint François de Sales, Pierre Camus le spirituel évêque de Belley, Tabbé Prévost et Jean- Jacques Rousseau.

ALLIANCES

Les alliances de la famille d'Urfé furent en rapport avec les dignités qu'elle a remplies et l'éclat qui s'attachait à son nom; aussi, parmi ces alliances on trouve les plus grands noms du Forez et même de la France.

Avec les Pailliard de Mursault (Bourgogne),

par le mariage vers 1380 d'Arnulphe d'Urfé avec Antoinette Pailliard, dont il fut Théritier, bien qu'aucun enfant ne fut né de ce mariage^ à la seule condition que le fils cadet de la maison d'Urfé joindrait à son nom celui de Pailliard;

Avec la grande famille de LavieUj par le mariage vers 1408 de Jean d'Urfé, fils d'Arnulphe, avec Eléonore de Lavieu;

Avec les de Langeac, par le mariage vers 1460 de Pierre d'Urfé, premier du nom, avec Izabeau de Langeac, dame d'Oroze ;

Avec les de Polignac, par le premier mariage de Pierre d'Urfé^ deuxième du nom, avec Catherine de Polignac vers 1480;

Avec les de Beauvau, parents aux Bourbon - Vendôme, d'où est issu Henri IV, par le deuxième mariage en 1495 du même Pierre d'Urfé avec An^ toinette de Beauvau;

Avec les de Balzac, par le mariage vers 1520 de Claude d'Urfé, fils de Pierre, deuxième du nom, avec Jeanne de Balzac ;

Avec les princes de la Maison de Savoie, par le mariage vers 1554 de Jacques d'Urfé, premier du nom, fils de Claude l'ambassadeur, avec Renée de Savoie y petite-fille d'une Lascaris, de la branche des empereurs de Constantinople. En souvenir de cette glorieuse parenté, les d'Urfé donnèrent au fils aîné de leur famille le surnom de Lascaris, de même que le fils cadet portait celui de Pailliard.

Cette alliance d'un d'Urfé avec une fille de la

DU FORBZ 343

Maison de Savoie nous explique rattachement que Anne, Antoine et Honoré d'Urfé, trois fils de Renée de Savoie, témoignèrent à la Ligue et au duc de I^emours, prince de la maison de Savoie, qui en fut rame et le chef dans notre province. Cette alliance nous explique encore les hauts emplois militaires que les d'Urfé remplirent dans Tarmée de Savoie *.

Avec les de Château- Morand , par les deux mariages des deux frères, Anne d'Urfé, vers 1580, et Honoré d'Urfé, en 1598, avec la belle Diane de Çhâteav/'Morand ;

Avec les Neuville de Villeroy, par le mariage vers 1600 de Jacques d'Urfé, fils de Renée de Savoie avec Marie de Neuville;

Avec les d^e Rochefort La Valette, les Bron de La Liéguej les de Montfaucon de Montaigu^ par les mariages, au xvn* siècle, des filles de Renée de Savoie ;

Avec les de Sugny de Nervieu, par le mariage, au commencement du xvn" siècle, de Claude d'Urfé, fils de Claude, l'ambassadeur à Rome, avec Françoise de Sugny y qui fut la dernière de cette grande famille, et porta aux d'Urfé les seigneuries de Nervieu et de Grénieu ;

1 C'é^it pour la seconde fois que la famille de Savoie contractait une alliance aTec «ne famille forôzienne. En 1275, Sybile de Saint-Bonnet, fille de Dauphine, dame de Saint-Bonnet-le-Ch&teau, se mariait avecÂmédêe

I de Savoie, seigneur de Bagé, et lui portait en dot la seigneurie de Miribel

(Forez) .

Avec les de Cremeaux^ par le mariage au con^ mencement du xvii' siècle, dTsabeau d'Urfé, sœur du précédent, avec Claude Vemin de Cremeatuv, à qui elle porta en dot la seigneurie d'Entraigues ;

Avec les de Croy, par le mariage en 1617 de Geneviève d'Urfé, fille de Jacques et de Marie de Neuville, avec le duc de Croy ;

Avec les d^ Allègre y par le mariage vers 1650 d'Emmanuel-Lascaris d'Urfé, fils de Jacques, avec une fille du marquis d* Allègre ;

Avec les Gontaut - Biron , par le mariage en 1686 de Joseph -Marie d'Urfé, fils d'Emmanuel- Lascaris, avec Louise de Gontaut-Biron, dont il n'eût pas d'enfant ;

Avec les de La Rochefovcault-Langeax^y par le mariage vers 1680 de Françoise-Marie d'Urfé, sœur du précédent, avec Jean de La Roche foucault, à qui elle transmit les biens, le nom et les armes des d'Urfé.

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