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Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)

En groupant nos multiples recherches autour des dix préceptes du Décalogue, pris comme plan de cet ouvrage, nous sommes convaincu d'avoir choisi un admirable sommaire de connaissances et de documents'.

Kn etïet, toutes les particularités des Croyances, Institutions, Rites, Mœurs, Usages et Coutumes, analysées à la lumière des dernières découvertes de la science, semblent avoir une place prévue dans ce vaste programme d'études, dont la suprême Sagesse elle-même a dessiné et fixé les contours.

Il suffit de jeter les yeux sur les Tables du Sinaï pour qu'aussitôt les plus graves, les plus passionnants problèmes sollicitent l'intelligence, curieuse de constater l'universalité du sens religieux dans le monde, de scruter le mobile des actions humaines, de rechercher la raison des choses, des faits et des événements : étude complexe, soit! mais autrement attachante et féconde que l'aride et fastidieuse énumération des batailles, des conquêtes et des traités de paix.

1. « Les idées fondamentales, écrit Cicéron, dérivent d'une Loi suprême antérieure aux Codes et aux Cité9, et destinée à tous les siècles. » {De bg., I, VI.) Le Concile de Trente fait remarquer de son côté que le Décalogue n'est que le précepte promulgué en vue de rappeler la loi naturelle, la morale universelle : « Perverritate obscuratam Deus Mon Itgtm dédit, potius illustriorem qnam novam. » (C du Conc. de Trente, XXVIII, 2.) HISTOIRE DES CROYANCES. — I. a

il PREFACE.

Ici, c'est l'histoire même de l'esprit, du cœur, et pour ainsi dire de l'âme de l'humanité, que nous voudrions esqui>ser à grands traits.

Que de points d'interrogation se dressent devant nous !

1° Existe-t-il quelque part des peuplades professant l'athéisme collectif? Quelle idée les habitants du Congo, par exemple, ou de la Micronésie se font-ils de Dieu et de l'âme? Que signifient leurs sacrifices, leurs tatouages? Adorent-ils vraiment des animaux, des objets fétiches, des esprits mauvais? Faut-il faire une distinction entre leurs démons et le démon? Comment naissent et se développent les superstitions? Dans l'évolution des sociétés, astrologues, magiciens, alchimistes et sorciers, n'ont-ils pas joué un rôle considérable...?

2° Quelles ont été aux différents âges les formes de ce témoignage solennel qui s'appelle le serment, et les sanctions légales édictées contre les parjures et les blasphémateurs?

3° D'autre part, les fêtes populaires et nombre d'usages séculaires n'ont-ils point, presque partout, une origine religieuse...?

4° Que sait-on de la piété filiale et du culte des ancêtres, d'après les découvertes de l'anthropologie et de l'archéologie...?

5° Quelle place faire, dans les annales sanglantes du monde, à Y homicide, au meurtre, aux peines capitales, aux sacrifices humains, à l'anthropophagie... ?

6° Moralistes et théologiens n'ont-ils pas raison de signaler comme « chemins glissants » l'intempérance, le théâtre, la danse, le luxe..., ces pentes plus où moins rapides mais toujours dangereuses qui, sous la tyrannie de captivantes passions, conduisent parfois aux défaillances où s'enlizent tout ensemble honneur et vertu... Et cependant libations, danses et théâtre ont partout une origine hiératique.

Autant de problèmes auxquels nous nous efforcerons de donner une claire réponse.

PKl-K.U'K. m

Puis, et toujours en suivant l'ordre du Décalogue, que de choses incomprises ou mal comprises sont à relever, quand on prend la peine de se référer aux documents originaux et

aux -oui-ces authentiques, afin d'apporter à la science une contribution modeste peut-être, mais du moins d'une sincérité s( ru pilleuse :

7 Tan lot, au chapitre du bien dy autrui, nous examinerons les emblèmes de la propriété, les redevances bizarres, les impôts, les corvées singulières d'après les Coutumiers; et ensuite le> modalités du vol, depuis les législations les plus archaïques...

8° Tantôt encore, entrant dans l'examen du témoignage et de ce qui s'y rattache, nous prendrons dans les vieilles archives, de curieux textes ou des procès-verbaux inédits concernant l'aveu, la torture, les ordalies, les procès aux animaux, et le corn ha [judiciaire, ce prétendu « témoignage divin ».

9° Plus loin, nous décrirons d'après les traditions et les lois, les coutumes typiques relatives aux fiançailles, à l'anneau nuptial, au cérémonial et aux cérémonies du mariage dans les diverses parties du monde...

10° Enfin, dans le dixième et dernier livre, nous passerons en revue les associations de malfaiteurs que des convoitises injustes ont suscitées, nous voulons dire : les pirates, les brigands, les flibustiers et les négriers...

Tel est ce qu'on pourrait appeler le Décalogue philosophique, incomparable programme de morale universelle dont Leibnitz, Montesquieu et Le Play, aussi bien que saint Thomas, ont proclamé avec enthousiasme la sublime ordonnance.

Après avoir étudié ce qui se passe pour mieux comprendre ce qui s'est passé, procédant du connu à l'inconnu chaque fois que l'occasion nous en sera offerte, nous remonterons jusqu'aux origines des institutions , pour en bien saisir la signification

iv PREFACE.

vraie, et pour rectifier beaucoup de fausses interprétations, communément admises.

On éprouve en vérité une satisfaction profonde quand grâce aune analyse minutieuse et persévérante, on parvient, soit à deviner l'allusion suggestive des emblèmes et symboles si fréquents chez les non-civilisés, soit à fixer le sens flottant des mythes et des légendes antiques; ou quand (prenant toujours la science pour guide et l'observation pour moyen) on arrive à grouper vestiges, débris ou formules énigmatiques, à en juxtaposer et souder les éléments épars; à mieux faire pénétrer l'air dans les fouilles mystérieuses et la lumière dans les textes obscurs, à découvrir les sentiments intimes de l'humanité : en un mot, à ressusciter pour ainsi dire les contemporains des faits ou des monuments, pour les appeler respectueusement en témoignage au tribunal de l'Histoire.

Faire un Exposé des Croyances, au moins dans leurs particularités saillantes et curieuses, c'est donc par là même scruter les pensées et le sens moral du genre humain, dans leurs manifestations les plus saisissables et les plus sincères.

Depuis un certain nombre d'années, quel changement profond dans les idées! quelle incertitude dans les convictions, quelles audacieuses attaques de la part d'esprits sectaires!

Pour juger du chemin parcouru ; prenons, par exemple, le Génie du Christianisme... Sans doute il est demeuré une sorte de poème admirable, inimitable peut-être. Mais, force est de le reconnaître, il ne répond plus du tout aux objections raffinées qui troublent et faussent les consciences contemporaines; car depuis lors, des armes aussi nouvelles que dangereuses ont été habilement forgées contre les croyances primordiales, sans lesquelles il n'y aurait pas plus de responsabilité individuelle que de justice sociale.

PBËFACE. v

Tout a été contesté, discuté, combattu, sapé avec autant de perfidie que d'acharnement.

Eh bien, aux récentes critiques, aux passionnantes questions soulevées, il importe de répondre par des textes précis, des témoignages irrécusables, des documents scrupuleusement vérifiés; et non par de vagues phrases sentimentales, ni surtout par de faciles haussements d'épaules.

Puisse cet ouvrage n'être point trop au-dessous de cette /^~1 grandiose vue d'ensemble qui, pour être complète, devrait être A prise en quelque sorte des sommets inaccessibles du Sinaï.

Ferkand NICOLAY.

V. B. — Au point de vue typographique, nous avons réservé les caractères italiques pour mettre en relief, non pas les mots techniques, mais les idées capitales ayant un lien logique entre elles.

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