TRADUCTION
Pour l'amour de Dieu et pour le salut du peuple chrétien et notre commun salut, de ce jour en avant, autant que Dieu me donne savoir et pouvoir, je sauverai mon frère Charles et en aide et en chaque chose (ainsi qu'on doit, selon la justice, sauver son frère), à condition qu'il en fasse autant pour moi, et je ne ferai avec Lothaire aucun accord qui, par ma volonté, porte préjudice à mon frère Charles ici présent.
C'est ici assurément le premier texte connu de serment en langue romane, et comme le dit l'auteur précité, « on y surprend, sur le fait, le curieux travail d'évolution et de transformation du latin en notre langue 3 ».
Les beaux esprits du temps du Charlemagne : Eginhard, Alcuin, Angilbert, préféraient le latin, mais l'Église encourageait la diffusion du nouvel idiome, elle en imposa même l'étude à ses clercs; et dès 813 le Concile de Tours enjoignit aux prêtres : de ne conserver le latin que pour la liturgie , mais de se servir désormais de la langue populaire, pour prêcher, et pour expliquer l'Écriture sainte aux fidèles.