MARGUERITE, EUGÉNIE
ECGKME.
Je ne reviens pas encore de ce que vous venez de dire.
MARGUERITE
Ni moi encore moins.
uroÉME.
Voilà de ces vertus scrupuleuses qu'on ne peut examiner que de loin de crainte d'en apercevoir les difformités. Que diles-vous maintenant de votre amie, de \otre idole ?
MARGUERITE, emburrassée.
Je dis... je dis qu'elle m'a payé.
EUGÉME.
Et que sa conduite est infâme , vous ne le dites pas , mais peut-être ne le pensez- vous pas moins ?
Je conviens que pour elle je ne m'y attendais guéres.
EUGÉNIE
Votre habitude de juger les autres d'après vous-même, vous trompe assez souvent.
MARGUERITE
Que veux-tu , quand on est honnête , on se plail à croire que chacun l'est , et si parfois on est dupée , ce n'est pas une raison de changer.
EUGÉME.
Mais de devenir plus clairvoyante.
MARGUERITE
Il te convient bien d'en parler à toi , qui ne rêves que chimères.
EUGÉME.
Lesquelles donc , s'il vous plait?
MARGUERITE
Hé 1 ton mariage avec Edouard dont tu ne cesses de l'occuper.
EUGÉNIE
Il est bien juste que j'y songe , plus tard ça ne me sié-
ijjit plus , et je préfère le faire de goûl aujourd'hui , que demain de gré.
MARCUEKITE.
Contes que cela !
EIGÉME.
Ce n'est point la prcniiorc fois que vous mo le dites, je me suis déjà faite à l'entendre ; mais ce qui est sin- {îulier , c'est que vous vous rebellez tant contre une action que vous-même cependant vous avez faite.
MAIIGIEUITE.
Ce lien n'est raisonnable que lorsqu'on est riche.
EUGÉME.
Air :
C'est en vain , que dans !a fortune On voudra cliei ilier le bonlieur ; Il ue fait point cau>e commune Avec leclatet la splendeur.
Il n'Uahile que ta chaumière Et le toit de l'artisau; Le luie ne lui con\iLnt guère, La paix est son seul partisan.