ACTE II
Uve salle gothique au palais de la Vicaria , à NapUs. Au fond , une grande porte ogive , ouvrant par une portière, sur une galerie latérale. A droite, une autre porte. A gnnchc,une troisième porte bass'; et étroite. — Au milieu du théâtre , un jauteuil et quelques escabeaux.)
SCEjXE I".
OR ALLA, LÉOxNORA.
{Ils entrent par la porte du fond.)
LÉONORA
Et VOUS diles , seigneur , que celte jeune femme Fut , celle nuit , ravie à sa mère ?
ORALLA.
Oui , madame.
La jeune fîlleest là, dans celapparlemenl.
[Il indique la porte à droite.)
LÉONOKA.
Et le roi va venir la voir?
ORALLA.
Dans un momcnl.
LÉONOliA.
Pourquoi donc choisit-on celle chambre isolée Pour cacher celte enlanl comme en un mausolée ? Ladislas voudrait-il me la cacher , à inoi ?...
ORALLA.
Oui , madame , c'était l'ordre formel du roi ; ]| m'avail défendu de vous faire coniiailre Ces nouvelles amours.
LÉONORA, souriant.
C'est pour cela , peut élre , Que vous m'avez tout dit.
36 MZZIDA .
ORALI.A.
Oh ! mais, Léoriora , J'espère que le roi jamais ne le saura !
LÉONoiu , à elle-même.
Et moi, j'espère aussi !...
UBAM.A.
Quoi donc?
LÉONOBA.
Comie.
Madame.
LÉONORA
Hier, vous me disiez : Je damnerais mon àme Pour voire bon plaisir.
ORALLA , galamment.
Je ne relracle rien.
Parlez , qu'exigez-vous ?
LÉONORA
Un service.
ORALLA.
Forl bien.
LÉONORA
Je veux voir celle enfant commise à votre garde.
ORALLA, embarrassé.
Mais si le roi venait ?...
LÉONORA
Oh ! nous y prendrons garde El je me cacherai. — Ueluscz-vous ?
ORALLA.
Non , non.
Quand je devrais y perdre cl ma tète et mon nom, Je vous laisserai voir la belle prisonnière , Puisque vous le voulez. En aut-une manière Je ne vous déplairai. — Venez.
ACTli II, SCÈNIi II. 37
[Au momcvl où ils vont franchir la porte de droite, Oralla s arrête et écoute du côté du fond.)
Ociel !... des pas...
C'est le roi.
LÉONORA
Quoi ,déjà?...
OBALLA.
Ne l'enlendez-vous pas?
Il csl là... Cachez-vous.
LÉONORA
Mais, où donc?
ORALLA, éperdu.
Eii ! n'imporle !
LÉONORA, de même.
Si je pouvais sortir !...
[Courant à la porte basse.)
Ah ! quelle est cette porte?
ORALLA.
Un retrait ténébreux.
LÉONORA, ouvrant la porte.
Fermez , je reste ici.
ORALLA, refermant la porte sur elle.
Enfin !
[Il revient précipitamment sur le devant de la scène.) II était temps!...
[Ladislas paraît au fond.)