ACTE H, SCÈNE IV
{Haut, àOralla.) Laissez-nous.
{Or alla sort à droite.) LADiSLAs, doucement.
Mon enfant...
ji\zziD k, sans le regarder.
Arrière!... Laissez-moi î
LADISLAS
Pourquoi donc repousser un homme qui ladore ? Ange , lu me hais donc ?
NizziDA, de même.
Eh bien ! ouij, je l'abhorre , Démon !
LADISLAS
Enfant, tais-toi, tu me ferais mourir.
Oh ! si lu comprenaiscombien me fontsouffrir Tous ces mots de mépris qui tombent de la bouche , Et de tes yeux si beaux ce regard si farouche ; Si tu pouvais sentir ce que je sens pour toi , Ton cœur s'amollirait , se remplirait d'émoi , Et lu verrais alors qu'il est vrai que je l'aime... Je voulais élouffer cet amour en moi-même; Mais , plus je le voulais , moins je me sentais fort Pour faire sur mon âme un si pénible effort...
MZZiDA , un peu émue.
Ah ! puisque vous avez l'âme si généreuse , Pourquoi donc voulez-vous me reiidre malheureu- LADisLAS. [se?
Te rendre malheureuse ! enfant, trésor d'amour ! Toi pour qui je perdrais mon honneur et le jour ; Toi que j'aime, en un mot ; se peut-il que tu croies Que je veux ton malheur ? — Oh ! non. Tes moin-
[dres joies Sont les miennes aussi. Je veux ce que tu veux, El je mels mon bonheur à servir tous les vœux.
40 NIZZIDA.
Je le donnerai tout , au gré de Ion envie, Honneurs, plaisirs, richesse et mon sang et ma vie... Parle , — veux-tu de l'or ? — je t'en apporterai. Des joyaux . des palais ? — je te les donnerai. Yeux-iu que Ion beau nom de grandeur s'envi-
[ronne?
On le fera marquise , ou comtesse ou baronne : Ces litres cl mon cœur sont devant tes genoux.
Je veux plus que cela.