‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 217 sur 265 · CHAPITRE II. — L'ÉVÊQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — L'ÉVÊQUE

que (1), et pris le plus souvent parmi les Cordeliers ou les Frères- Prêcheurs. Il n'intervenait pas, du moins en vertu de son titre, dans la direction du diocèse ou dans le gouvernement du temporel, et il ne jouissait point du droit de future succession. •

Son rôle se bornait à suppléer révoque dans l'exercice de ses pouvoirs d'ordre : il était, selon le terme qui revient souvent dans les documents, un vicaire pour les fonctions pontificales : vicarius in pontificalibus. Il administrait la Confirmation, conférait les Ordres, bénissait les abbés et les abbesses, consacrait les églises et les autels, présidait les translations de reliques, etc. Quelques-uns de ces sufiragants furent en outre officiaux ou vicaires généraux ; mais c'étaient des exceptions à la règle ordinaire.

Le chapitre affectait de tenir ces auxiliaires dans un rang inférieur ; il ne leur reconnaissait pas le droit d'être assistés à l'autel par trois diacres et trois sous diacres et, s'il les priait de porter le Saint' Sacrement à la Fête-Dieu ou le saint Clou à la procession solennelle, il avait soin de leur faire constater par écrit que c'était par grâce spéciale (2). Didier Apis, le sufîragant d'Hector d'Ailly n'obtint que par faveur dédire la messe de/^e^uicm, au grand autel, au service de l'évéque défunt, et dut signer un acte notarié de non préjudice (3). Et un jour que M. de Gournay, alors encore évoque

de Nancy, en i485 (Ben.-Pic, 173), celle de Pont-Saint-Vincent, le 15 juin 1500 (Inscript, dans l'église de ce bourg). Il vivait encore on 1501 (Lem., I, 96), meurt en 1503 (Arch. de M.-et-M.. G. 75'. — Pierre Liétard^ des Frères- Préchours de Toul, nommé év. de Christopolis, en 1503, sur la recommandation du cliapilrc (Arch. M.-et-M,, G. 75, f" 54), mort le 15 septembre 150(5 (A. Benoit, 224). — Christophe du lioulay, des Frères- Prêcheurs de Toul, év. de Christopolis, fait la translation des reliques de saint Amon, en 1511 (Ben.-Pic, 172) ; l'était encore en 1525, lors du procès de Joan Châtelain, à Metz (?) (A. Benoit, 227). — Christophe Collet y év. de Christopolis, nommé en 1517, dans le testament de Hugues des Hazards (Guillaume, Hlénod^ 202). (Cette coexistence de deux Christophe, tous deux évé<|ues de Christopolis, me ferait croire que peutêtre Collet et Du Boulay ne seraient qu'un seul et même personnage). — Didier ÀpiSy des Frères- Prêcheurs de Toul. inquisiteur de la Foi et év. de Christopolis, nommé en 1528 (Arch. de M.-et-M., G. 123-2, f« 1:23), mort le 10 avril 1545 (A. Benoit, 224). *

(1) Le chapitre décide d'écrire une lettre de recommandation pour Pierre Liétard, des Frères- Prêcheurs, afin d'obtenir que l'évéque le choisisse comme suffragant (Arch. de M.-et-M., G. 75, 28 juin 1503).

(2) Arch. de M.-et-M., G. 75, passtm.

(3) Ihid., 5 mars 1533.

i88 LIVUE V. — LE DIOCÈSE

de Sitie et suifraf^ant de Toul, donna la bénédiction au prédicateur avant le sermon, le chapitre protesta et il décida, après de longues discussions, que ce serait le doyen ou, à son défaut, le chanoine le plus ancien qui ferait désormais cette fonction (1). Il se rendait pourtant en corps aux obsèques du sufiragant, par respect pour la dignité épiscopale, mais seulement à l'heure des vêpres (2).

Un autre dignitaire qui apparaît aussi à la fin du xiii^ siècle et qui semble avoir été institué, comme Tofficial, pour restreindre Tautorité si envahissante des archidiacres, c'est le vicaire général « en la spiritualité et temporalité du révèrent Père en Dieu signour éveske (3) ». Comme l'indique ce vieux titre du xiv* siècle, ce dignitaire aidait et suppléait l'évoque dans ses pouvoirs de juridiction ; il entrait de droit dans l'économie du diocèse et faisait partie de ce que les canonistes ont nommé l'Ordinaire. Nos prélats le choisissaient et le révoquaient à leur gré : c'était tantôt le doyen du chapitre, comme Jean de Molans, en 1318 (4); tantôt unarchidiacre de Vôge, en 1506 ; tantôt Tofficial, comme Jean de Chàtenois, en 1363; tantôt le sufiragant, comme Henri de Vaucouleurs. en 1436, Jean de Sorcy, en 1495 : tantôt un simple chanoine (5).

Le vicaire général était le chef du Conseil de Nvèque (6). Cette assemblée, composée de conseillers ecclésiastiques et laïcs, entre autres du lieutenant du bailliage et du procureur-fiscal, avait sur-

(11 Arch. de M.-et-M., G. 81, 26 nov. 1627, et G. 89, f 11.

(2) Ibid. — Le chapitre décide d'aUer aux obsèques du sufiragant défunt (Jean dc*Sorcy) ratione dignitatis pontificalis, à l'heure des vêpres, comme cela s'est fait pour ses collègues, et précédé seulement de la croix capitulaire (28 juin 1503),

(3) Lemoine, Diplom., 205. — Sur les vicaires-généraux, voirThomassln, Ànc. et AV)Mt'. discipl.y P. I, L. II, ch. VIII. — Louis de Hérlcourt, Les loix eccl.y E. II. — Les premiers vicaires généraux que nous connaissions à Toul sont ceux d'Eudes Colonna (voir p. 344). — La Bibliothèque nationale {Nouv. acq. lat.^ 1516) possède un Recueil d*actes (des xv et xvi' siècles) sur l'administration du diocèse de Tout, recueillis sans doute pour servir de modèles.

(4) Lcm., toc. cit.

(5) Robert, SigilL, 41 et sq. — On trouve dans cet ouvrage un essai de liste de ces dignitaires. N'ayant pu la compléter d'une façon satisfaisante, je me contenterai d'y renvoyer le lecteur.

(6) Du Pasquier, Mém.^ passim. — Les archives du Conseil de l'évéque sont conservées en partie aux Arch. de M.-et-M., G. 1.232, 1.237.

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