DISCIPLINES AUXILIAIRES
On peut considérer comme des auxiliaires de réconomie politique, rationnelle ou appliquée, parce qu'elles lui fournissent des notions nécessaires ou utiles, les théo-
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ries les plus générales de la psychologie, de la technologie et de la politique.
A. Psychologie. — Bien que l'économie politique ne puisse pas être considérée comme une Psychologie appliquée, et qu'elle puisse moins encore être réduite à un simple calcul du plaisir et de la douleur, comme l'ont cru Gossen, Jevons et comme l'enseignent Sax et ses disciples, par cette raison quelle n'est pas une doctrine éthique (stricto sensu) qui étudie l'homme au point de vue individuel, mais parce qu'elle est au contraire une discipline sociale qui l'étudié en tant que membre des groupes sociaux, et partant dans les relations variées qui en résultent, on ne peut pas nier que l'économie politique doit utiliser la psychologie pour bien déterminer la nature de quelques-uns des principes qui constituent les moteurs principaux des actions humaines concernant l'ordre social des richesses, comme, par exemple, la loi du moindre effort, qui nous conduit, toutes circonstances égales, à préférer le gain le plus grand au gain moindre.
B. Technologie. — Malgré la différence radicale qu'il y a entre les règles concernant les procédés de fabrication des différents produits, que la technologie (physique, chimique et mécanique) établit en s'appuyant sur les résultats des sciences mathématiques et naturelles, et les vérités et les principes d'ordre social, dont s'occupe l'économie politique, il est certain que l'économie rationnelle, en tant qu'elle explique le mécanisme de la production et de la circulation, dans son étude du travail, des machines, de la monnaie, du crédit, des banques, des moyens de transport et de communication, etc., peut retirer quelque avantage de la connaissance, au moins élémentaire, des principes qui dirigent
la technique générale et spéciale des phénomènes qu'elle étudie à son point de vue particulier.
Bauer, Ueber die Unierscheidung der Technil, von der Wirthschaft. (la Faucher, Vierieljahrsclirift fur Volksivirthschaft, 1864, pp. 33-50;.
Si donc les économistes peuvent consulter avec profit les ouvrages qui, sous le titre générique d'économie rurale, forestière, minière, commerciale, traitent de ces industries spéciales, soit au point de vue technique, soit au point de vue de l'économie privée, ils peuvent retirer un avantage encore plus grand des œuvres qui étudient la technique générale dans ses relations avec l'économie politiqu*^.
Il faut faire une mention spéciale pour les trois monographies suivantes, de contenu et de tendances divers d'ailleurs :
Ch. Babbage, Economy of machmenj and vianufactures, 1831. (Réimprimé plusieurs fois et traduit en plusieurs langues; traduit en français par Ed. Biot : Tmiié sur l'économie des machines et des manufactures. Paris, 1834). Augmenté et en partie modifié par Charles Laboulaye, Economie des machines et des manufactures. Paris, 1880.
Verdeil, L'industrie moderne. Paris, 1861.
E. Herrmann, Technische Fragen und Problème der modernen Volksicirthschaft. Leipzig, 1891.
C. Politlriue. — C'est, stricto sensu, la doctrine du bon gouvernement selon les principes de l'utilité sociale. Dans sa partie générale elle est une di.scipline auxiliaire de l'économie politique, parce qu'elle lui fournil des notions indispensables sur la nature et les fonctions des différentes sociétés politiques. Dans le sens plus large de science et d'art du gouvernement dans ses relations multiples, elle tend à absorl>er, dans sa partie
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spéciale et, d'une façon plus précise, dans la politique administrative (science de l'administration publique), toute l'économie appliquée, qui, rigoureusement, devrait se limiter, comme nous l'avons déjà dit, à fournir les critères du bon gouvernement économique et financier, déduits de l'unique principe de l'utile et parlant très restreints et nécessairement incomplets.
Pour la politique générale, en dehors de l'ouvrage classique de Dahlmann (1835), de la remarquable esquisse de Waitz(1862), et des Principes d'Holzendorf (S*" édit. 1879), on peut consulter les œuvres de De Parieu et de Bluntschli, et surtout les savants traités de L. Woolsey, de Sidgwick et de Roscher.
E. de Parieu, Principes de la science poliiiqne. Paris, 1870; 2«édit., 1875.
J. C. von Bluntschli, Poliiik als Wissenschaft. Stuttgart, 1876 (Traduit en français par A. de Riedmatten : La Politique. Paris, 1879.
Tlieod. D. Woolsey, Political Science, or the State iheoretically and practically considered. 1878, 2 vol.
H. Sidgwick, The éléments of poliiics. 1891.
W. Roscher, Politik, elc. Stuttgart, 1892.
Pour la science de l'administration, les deux principaux ouvrages sont ceux de Mohl et de Stein. En Italie, nous devons de bons Essais à Ferraris, qui prépare un Traité ; il faut mentionner aussi Wautrain-Cavagnari, l'auteur du premier livre élémentaire sur cette discipline.
Rob. von Mohl, Die Polizeivissenschaft. 3' édition, Tubingen, 1866, 3 volumes. (Ouvrage devenu ancien pour une partie seulement, mais remarquable par la profondeur, l'ordre, la clarté et l'excellence de la méthode).
L. von Stein, Die Verivaliungslehre. Stuttgart, 1865 et suiv., 8 parties en 10 volumes. (OEuvre gran-
diose et très importante, malgré les lourdes divisions hégéliennes tripartites, les constructions métaphysiques arbitraires et les graves et trop fréquentes inexactitudes dans les renseignements législatifs.)
— Handbuch dcr VenvaUungslehre. Stuttgart, 1870; 2« édit., 1887-8H. 3 volumes. (Très utile résumé de l'ouvrage précédent).
C. F. Ferraris, Saggi di economia, staiisiica e scienza delV amminisirazione . Torino, 1880.
V, Wautrain-Cavagnari, Elemenii di scienza delV amminisirazione. Firenze, 1890.