Prognost., II
sans avoir fait pénitence de leurs peccata capitalia. L'erreur des miséricordieux est nettement repoussée. Ni la foi, ni le baptême ne suffisent au salut : il y faut, la fuite du péché et les bonnes œuvres ^ . Les pécheurs obstinés sont donc, immédiatement après leur mort, précipités en enfer 2, pour y endurer des tourments inouïs. Nos auteurs ne tarissent pas sur la rigueur de ces tourments : « Mentem urit tristitia et corpus flamma^. » Les damnés endurent la faim, la soif; ils ne sont l'objet d'aucune pitié de la part des élus"*; mais surtout ils sont dévorés par le feu, feu matériel qui n'a pas besoin d'aliment pour brûler toujours, et qui torture les âmes spirituelles aussi bien que les démons^. Leurs supplices sont gradués sans doute et proportionnés à la culpabilité de chacun : « Impips dispar poena constringit^ »; ils offrent toutefois ce caractère commun d'être éternels. C'est une vérité qui rencontrait encore des contradicteurs, même après le plaidoyer de saint Augustin'^, mais que l'Eglise, par ses docteurs, ne se lassait pas d'inculquer en termes saisissants. Saint Fulgence : « In retributione, (reprobi) nec immortalés nec incorruptibil'es erunt; sed corrumpentur, nec consumentur ; morientur, non exstinguentur... Ibimors animae corporisque nonmoritur,^ quia cruciatus corporis et animae non fînitur *. »
1. Faoste, Epist. V(p. 18t); S. FncGEUCB, De remiss, peccat., IlV 13 ; S. Grégoire, In Ezechiel., I, homil. XX., 4; Epist.- yil,. «; S. Gésaiue, Eomil: XVII, col. 4080;
2. Grégoire, Dialog. IV, 28; S. Julien, Prognost., II, 13. S. S. Isidore, Sentent., ï, 2S, 1.