Ibid
Germain, l'ancien patriarche, Georges de Chypre, un autre défenseur des images, et surtout Mansour, nom que l'on donnait à saint Jean Damascène. Mais, d'autre part, on remarquera que les anathèmes 9, 11 et 12 répondent à des préoccupations différentes des préoccupations iconoclastes." Le neuvième définissait la légitimité de l'invocation et la puissance de l'intercession de la sainte Vierge; le onzième la légitimité de l'invocation et la puissance de l'intercession des saints; le douzième la résurrection de la chair^ l'éternité des peines et des récompenses finales. Ces définitions parurent nécessaires au concile en face des dispositions inquiétantes dont témoignait l'empereur. Ce n'était pas en effet les images seulement que Copropyme voulait détruire : il aurait voulu qu'on rejetât avec, elles le culte des reliques et l'invocation de la Vierge et des saints, et il avait même la pensée, dit Théophane, de nier la maternité divine de Marie ' . C'en était trop. Les évêques d'Hiéria, pour serviles qu'ils fussent, ne le suivirent pas jusque-là, et osèrent même glisser dans leurs anathèmes un désaveu formel de ses erreurs. ,
Constantin V n'en possédait pas moins l'arme qu'il avait souhaitée, et il commença aussitôt à s'en servir. Certaines églises furent profanées ; dans les autres, les saintes images furent détruites et remplacées par des peintures de paysages et d'oiseaux qui firent ressembler les oratoires à des vergers ou à des volières 2. En même temps l'empereur exigeait que les évêques, les moines et même de simples laïcs souscrivissent aux décisions de son concile. Il ne paraît pas avoir rencontré d'opposition dans le clergé séculier. Mais les moines, résistèrent avec énergie, et plusieurs préférèrent l'exil à la
i. Chronogr., ad ann. mundi 62b3, 62S7 (col. 8TC, 877, 884). 2. Vita S. Steph. iunior. (P. G., G, H20). .
soumission ' . Copronyme en conçut contre tout ce qui était moine une haine féroce. En 761, l'ère des martyrs s'ouvrit avec Pierre Calybite, et à partir de 765, la persécution fut portée à son comble. Jean de Monagria, Paul de Crète, saint Etienne le Jeune, bien d'autres encore périrent dans les tourments ^. On vit à Constantinople et dans les provinces se passer des scènes ignobles 3. Le lamentable patriarche Constantin lui-même ne put échapper aux caprices sanguinaires du maître et, tombé en disgrâce en 765, fut déposé, exilé et plus tard décapité. On le remplaça par un eunuque, Nicétas"*.
Lorsque Constantin mourut, le 14 septembre 775, la terreur régnait donc partout dans l'empire; mais l'orthodoxie, pour autant, n'était pas vaincue. Un synode de Latran, tenu en 769 sous Etienne III, avait, dans sa quatrième session, condamné de nouveau l'erreur iconoclaste^ ; et, en Orient même, un concile célébré à Jérusalem en 767, et qui représentait les trois patriarcats d'Antioche, de Jérusalem et d'Alexandrie, s'était prononcé dans le même sens ^. Copronyme disparu, l'espoir de jours meilleurs ne tarda pas à naître.
§ 5. — Premier rétablissement des images.
Le VII* concile général.
Cet espoir était justifié par le caractère du nouvel empereur, Léon IV le Chazare, qui, malgTé son attachement aux doctrines iconoclastes, aimait à s'entourer de moines, et ne pressa pas l'exécution des décrets
\. Ibid., col. m7-Ji20.