‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 1057 sur 1102 · Jbia., De fiOe orth., III, 15, col · texte numérisé non relu

Jbia., De fiOe orth., III, 15, col

&04 ^ UiS FOIRE DES DOGMES.

et sans que cette autre participe en quelque manière à son action. Si nous considérons par exemple les actions humaines de Jésus-Christ, outre que le Verbe en est, par l'humanité, le principe responsable, la divinité y concourt en opérant ce qu'elles ont de surhumain, naître d'une vierge, marcher sur les eaux, etc., et en leur donnant leur valeur rédemptrice et salutaire. Si nous considérons au contraire ses actions divines, nous voyons que souvent l'humanité en est l'organe, et qu'elle y concourt par quelque geste extérieur et visible — extension de la main, attouchement — dont se sert le Sauveur pour exercer sa toute-puissance *.

Et c'est cette union intime des deux opérations di« vine et humaine que Denys a voulu mettre en relief par l'expression xaivi^ tiç OeavSpixy) Iv^pyt»* de sa quatrième lettre à Gaïus. Cette expression marque l'unité de la personne en qui les deux genres d'opérations viennent converger, et comment ces opérations se compénètrent en quelque sorte. La Trcpij^wpïiaiç qui enchaînait l'une à l'autre les natures, liait aussi l'une à l'autre leurs activités : *H avepwîrivï) aÙToô (Xpwroîi) IvÉp^eta Oet'a^v ^youv TeOeMjjisvïi, xai oôx ajxoipo; t^ç Ôstaç aÔTOÏÏ IvepYiCaç , xa\ ^ 6e^a «ùtou Ivépyeta oôx ajAOïpoç tîjç àv6p(i)7r(vr]ç «ÔToû lv£pY6(aç, àXX' Ixarlpa ffov tî} êrép^ ôcojpoufA^vïj^.

Si le Damascène a longuement développé sa christologie, il n'a pas consacré à la sotériologie même un chapitre spécial de^ son grand ouvrage. On en peut cependant recueillir les traits épars, qui n'offrent rien d'original. Dans l'œuvre de notre salut, observe-t-il, tous les attributs de Dieu sont manifestés, sa bonté, sa

1. m, iS, col. 1057-i060; De ditab. volutit., 42, 43, col. i81-lM. «. m, 19, col. 1077-1081.

LA THÉOLOGIK DE SAINT SEKH DAMASCÈNE. 506

justice, sa sagesse.', et à cette œuvre tous les mystères de Jésus-Chrîst concourent'"; toutefois c'«st la croix seule en définitive qui nous sauve ^. Le péché en effet nous avait réduits à l'esclavage; il nous avait rendus passibles d%n. cKâtiment, soumis à la malédiction. Jésus-Christ se substitué à notre place*; il accepte pour nous là malédiction^. Il paieà Dieu notre rançon; car ce n'est pas au démon qu'il a donné son sang [absitl) c'est à son Père. Il s'offre à lui en saici^fice^, apaise sa colère dans son sang et devient propitiatibn (Uactiipiov) pour nos péchés '. Le résultat; est que nous sommes rendus à là liberté, affranchis de la malédiction, et unis à Jésus-Christ, le tout par sa mort*.

On à remarqué tout à l'heure que saint Jean, comme saint Grégoire de Naziànze, condamne la théorie juridique des droits du démon, admise par Origène et saint Grégoire de Nysse. De ce dernier cependant il a retenu la théorie de l'abus du pouvoir, et l'image de la mort «t du démon trompés par Dieu. Car le démon et la mort, en voulant s'emparer de l'humanité de Jésus- Christ, se sont pris à l'hameçon de sa divinité, et la mort, frappée elle-même à mort par la chair vivifiante qu'elle a prétendu engloutir, a dû vomir ceux qu'elle avait déjà dévorés '.

Page 1