‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 1066 sur 1102 · œuvres dans P. L., XCVI · texte numérisé non relu

œuvres dans P. L., XCVI

4. CEh«*b dans P.L., XCIX. Travaux : G. Giansoni, PaulinusU,Patr,

Ges noms, si l'oji excepte celui d'Alcuin, paraîtront bien effacés à côté de ceux qui ont été cités au 'com> mencement et au milieu de ce volume, et plus encore dans le volume précédent. Mais, . pour être tout à fait juste, il ne faut pas juger ces hommes uniquement sur ce qu'ils ont produit : il convient de tenir compte du temps où ils ont vécu et des difficultés qu'ils ont dû vaincre. On admirera davantage alors la ténacité et la puissance intellectuelles qu'ils ont déployées pour s'affranchir de la barbarie qui les pressait, et pour rester fidèles au passé glorieux dont ils recueillaient l'héritage.

§ 2. - Controverse trinitaire. Le FiUoqne ^

On s'est occupé, sous le règne de Charlemagne, de la question du Filioquek deux points de vue différents. D'un côté, l'empereur et roi adopte l'usagé de faire réciter à la messe, dans ses états, le symbole dé Constantinople avec l'addition du Filioque, et presse le pape, qui s'y refuse, d'adopter pour l'Église romaine le même usage. Le pape et le prince sont d'accord sur le fond doctrinal : ils ne sont séparés que par une question de formule et d'opportunité. D'un autre côté, on commence à discuter contre les Grecs sur la doctrine même de la procession du Saint-Esprit a Filio. Le débat ne porte plus sur une formule, il porte sur lî^ vérité que cette formule traduit : le prince et le pape ■ sont unis contre un adversaire commun. Il est essentiel de distinguer ces deux aspects de la question, qui n'ont

von Aquileia, AVien, I806. G. Foscbu, S. Paolino, patr, d'Aquileia eà il tuo seculo, Udine, 18Si.

4. V. sur ce paragraplie : G. Dunois, De conciliis et theologicis disputationibus apud Franeos, Carolo Magno régnante^ habitiz, Àlençou, 1»02.

LA TjEIÉOLOGIB LATINE sous CHÀRLEUàGNE. 519

pas, comine on peut le voir, la même importance dogmatique. Et c'est pourquoi, pour plus de clarté, j'en traiterai séparément, bien que l'histoire les ait parfois mêlés.

Nous avons dit plus haut que, dès le v*et levi« siècle, à la suite de saint Augustin, la doctrine de la procession du SaintrEsprit a Pâtre et Filîo était universellement admise dans l'Eglise latine. Non seulement les docteurs l'enseignaient, mais elle avait pénétré dans certaines professions de foi particulières, comme celle de Pastor de Galice, et dans le symbole Quicunque fa/£ dont l'autorité devait être si grande ^ Restait qu'elle fût introduite dans le symbole officiel et dans la liturgie : ce fut l'œuvre des Espagnols d'abord, puis de Charlemagne et enfin des papes.

C'est en 589, au concile assemblé à Tolède ^ pour l'abjuration solennelle de l'arianisme par Récarède et ses sujets, que nous trouvons pour la première fois le symbole de Constantinople récité avec l'addition (équivalente) du Filioque. Dans cette réunion, ie roi lut d'abord une déclaration de foi composée par lui-même. Il y ajouta les symboles deNicéeet de Constantinople, ce dernier avec la formule : « Credimus et in Spiritum sanctum dominum et vivificantem, ex Pâtre et Filio procedentem ^. » Puis, les évêques golhs nouvellement convertis émirent vingt-trois auathèmes, dont le troisième définissait encore la même doctrine ; et enfin le synode, sur la demande de Récarède, ordonna que, dorénavant, le symbole de Constantinople serait, à l'imitation des Grecs, récité àlamesseavant le Pater — avec l'addition faite par le roi évidemment^. Du même

i. V. K. KcENSTLE, Antipriscilliana, p. 46et suiy., qu'on ne suivra pas aveuglémenU

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