In Matih., ho m. I
Quant à la méthode d'interprétation de l'Écriture, on sait assez que l'école d'Alexandrie inclinait vers celle qui admet largement le sens spirituel ou même purement allégorique, tandis que l'école d'Antioche — nous l'avons dit — tenait avant tout pour le sens littéral et historique. La première est représentée, au iv° siècle, surtout par saint Grégoire de Nysse^; la seconde par saint Basile, qui repousse nettement le pur allégorisme ou symbolisme^, et principalement par les antiochéniens. Eusèbe rapporte de Dorothée, l'un des premiers maîtres de l'école exégétique d'Antioche, qu'il interprétait l'Écriture [AETpiwç, avec mesure^. L'évêque Eustathe a laissé, sur le sujet de la pythonisse, un petit traité d'un caractère antialiégorique prononcé. Socrate a dit de Diodore de Tarse (ju'il s'appliquait uniquement à la lettre des Saintes Ecritures, négligeant leur sens spirituel : ({/tXtJi t^ Ypa{*- [Aaxi Twv ôeiwv Ttpoal/cov ypatpSvj tàç ôewptai; aôxwv IxTpeTcofJievoç-*. Théodore de Mopsueste est assez connu pour son littéralisme rigide, et quant à saint Jean Chrysostome, s'il est moins exclusif que son ami et, en sa qualité d'orateur et ^e moraliste, admet une certaine mesure d'allégorie et d'applications figurées, il n'en déclare pas moins préférer, et il pratique en effet une exégèse plus sévère et moins capricieuse : 'Eyà Se ours xaurviv à-tijAdtCd) tV £^vÎYvi<riv (l'exégèse allégorique) xal ttiv érépav àXïiôeffTSpav elvai çri[/.i^.
Cependant, (juoi qu'il en soit de ces diverses tendances, tous nos auteurs s'accordent à voir dans l'Hcriture la première source où il faut aller puiser la
i. In cantiea canlicorum, prooemium {P. G., XLIV, "ïoS sqq.); Contra Eunomium, VU (P. G., XLV, 744).