‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 381 sur 1102 · Catech. XII · texte numérisé non relu

Catech. XII

« Étant Fils de Dieu, Jésus-Christ est devenu fils de l'homme , afin de rendre fils de Dieu les enfants des hommes ^ »

§ 4. — Ecclésiologie.

La première condition pour participer aux fruits de la rédemption est d'être membre de l'Église, puisque en elle et par elle on devient membre de Jésus-Christ dont elle est le corps. Les Pères grecs du iv^ siècle, si l'on excepte saint Épiphane, ont, en général, peu parlé de l'Eglise ex professa, et plutôt supposé que développé les points doctrinaux qui la concernent. L'Eglise, dit saint Chrysostome, est l'épouse du Christ qui se l'est acquise par son sang. Sa première propriété est l'unité, et aussi le schisme, qui la divise, n'est pas rnoins coupable que l'hérésie qui altère sa foi. Puis, l'Église est catholique, c'est-à-dire répandue dans le monde entier; elle est indestructible et éternelle; elle est le fondement et la colonne de la vérité 2.

De ce dernier privilège résultait la conséquence signalée plus haut et universellement admise, que l'autorité doctrinale de l'Église est infaillible, et que son enseignement commande la foi des fidèles. Contre les princes aussi qui s'ingèrent dans son gouvernement intérieur, et à qui les querelles ariennes et la servilité d'un trop grand nombre de prélats offrent toute occasion et facilité de s'imposer comme ses vrais chefs, des voix autorisées revendiquent l'indépendance du pouvoir ecclésiastique, et déterminent nettement le domaine des deux autorités, religieuse et séculière :

i. In loan., hom. XI, l; In epist. ad Rom., hom. X, 2.

2. Jn epist. ad Ephes., hom. XI, S; In epist. I ad Corinth. argumentum; In Matth., hom. LIV, 2; In illud « Vidi Doviinum », hom. IV, 2; Adv. ludaeos, Y, 2; Jn epist. I ad Timoth,, hom. XI, i.

« Autre est le domaine de la royauté, s'écrie saint Chrysostome, autre celui du sacerdoce; et celui-ci l'emporte sur celle-là... Le prince a pour fonction d'administrer les choses temporelles ; le droit du sacerdoce lui vient d'en haut. » Et plus loin : « Il ne t'est pas permis, ô roi, de brûler de l'encens sur le saint des saints : tu outrepasses les limites [de ton pouvoir] ; tu veux ce qui ne t'a pas été donné... Cela ne t'appartient pas, mais à moi ^ »

Sur cette question, l'Orient est pleinement d'accord avec l'Occident. Un point plus délicat est de savoir si l'Égiise grecque de cette époque admet la primauté de l'Église romaine sur les autres églises en dehors du patriarchat romain, et attribue à l'évêque de Rome une juridiction supérieure même à celle de ses propres évêques et patriarches d'Alexandrie, de Constantinopie et d'Antioche.

Constatons d'abord que les faits primordiaux invo< qués par Rome comme fondement de son privilège, à savoir la primauté de saint Pierre, son apostolat et son martyre à Rome, sont admis des Grecs du iv^ siècle. N'insistons pas sur l'apostolat et le martyre : il suffît qu'Eusèbe les ait enregistrés dans son Histoire ^. La primauté de saint Pierre est aussi reconnue. Didyme, parlant pour les alexandrins, l'appelle le coryphée (xopoçaïoç), le chef (itpoxpiToç), celui qui occupe le premier rang parmi les apôtres [h toc TrpwTeïa h to\ç àTco- (jToXotç lp)v) '. Les clefs du royaume ont été remises à Pierre, et il a reçu le pouvoir — et tous les autres par lui (xa\ TtavTeç Si' auToÎj) — de réconcilier les lapsi pénitents''. Saint Epiphane, à son tour, le nomme le chef,

1. In illud • Vîdi Domûiicm », hom. IV, 4, 5; Cf. Athan., Historia arianorum ad monachos, 52.

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