Catech. III
Quels sont les effets du baptême chrétien? Nous y avons déjà touché un peu plus haut, et nos auteurs, dans les discours spéciaux qu'ils ont consacrés à ce sujet, les ont magnifiquement développés ^ Il s'agit toujours de la rémission des péchés, de tous les péchés, de la grâce de l'adoption divine, de la réception du Saint-Esprit, de l'image de Dieu restaurée, de la transformation intérieure de l'homme, de la vie nouvelle et du principe d'immortalité communiqués : le baptême nous rend aufxfjiopa/ot toîî utoû tou Qeou 2. Mais, à côté de ces effets, on en trouve signalé un autre, mentionné, il est vrai, dès les temps apostoliques, mais auquel les Pères grecs du iv^ siècle donnent un relief spécial : c'est le caractère. Le baptême imprime un caractère (fftppaY^ç). Saint Cyrille de Jérusalem est le plus complet représentant de cette doctrine, que les autres d'ailleurs n'ignorent pas. Quelquefois le baptême lui-même est appelé ffspaYtç^, mais le plus souvent ce mot désigne un des effets du baptême : le Saint-Esprit marque l'âme (ff3>paY''^°^î (j^paYiCei) pendant que le baptême est administré"*. Cette marque est comparée à la circoncision, à un sceau qu'on imprime sur une cassette, au signe dont on marque les brebis ou dont on décore les soldats de la même armée pour qu'ils puissent se reconnaître entre eux ; au tau qui fut dessiné sur les portes des Israélites en Egypte ^. Elle est le signe distinctif du chrétien, ce à quoi les anges et les démons le reconnaissent comme tel, à quoi le juge
1. V. par exemple Basil., Eomil. Xlll, Exhortatio ad sanct. baptism. [P. G., XXXI, 424 suiv.); Greg. Naz., Or. XL; Greg. Nyss., De baptismo (P. 6., XLVI, 416 suiv.); Cykill. Hier., Caiech. 111, XIX, XX.