De Spir. Sanclo, 33; cf. Greg. Naz., Or. XL
l'euchologe de Sérapion. Dans la prière pour la bénédiction de l'eau baptismale que présente ce document (xix) S on demande' à Dieu de remplir les eaux de i'Esprit-Saint, d'y faire descendre son Verbe, et de transformer leur vertu génératrice afin qu'elles puissent produire des hommes spirituels 2.
Reste la question de la valeur du baptême des hérétiques. On a vu, dans le premier volume de cet ouvrage, que les divergences à ce sujet n'avaient point cessé avec les démêlés du pape Etienne et de saint Cyprien, et que, en Orient surtout, les usages les plus divers s'étaient maintenus. Il n'est pas toujours aisé de voir clair dans la pensée de nos auteurs, dans l'impossibilité où l'on est de discerner s'ils repoussent le baptême de certains hérétiques, parce qu'ils sont hérétiques, ou parce qu'ils n'emploient pas, dans la collation du baptême, la formule trinitaire requise. A Alexandrie, il semble que la doctrine fût que les hérétiques qui n'erraient point en matière trinitaire baptisaient validement, les autres non. Athanase déclare pour cette raison absolument vain et inutile (TtavTsXwç xevov xat à^kuaiteXÉç — ouSèv eiX-/jiyoT£ç scrovTai) le baptême des ariens, des manichéens, des montanistes et des paulianistes ^. Didyme veut de même que l'on rebaptise les eunomiens et les montanistes : les premiers, dit-il, parce qu'ils ne pratiquent qu'une seule immersion, et
d. Edit. FoNK.
2. Yoilà pourquoi nos auteurs regardent presque comme indispensable à l'eflicacité du sacrement de baptême la bénédiction préalable de l'eau (Basil., De Spir. Sancto, 66; Grec. Nïss., De baptismo Chrisii, P. G., XLVI, 581; C\-RiLi,. Hier., Catech. III, 3).
3. C. arianos, II, 42, 43. M. Saltet {Les réordinations, p. 45, 46) pense cependant qu'Athanase changea d'avis plus tard, probablement sous l'influence de l'Occident. Cf. Ad Sérapion. epist. I, 29, 30. — On sait que le canon 19 du concile de Nicée ordonne de rebaptiser les paulianistes qui se convertissaient. Saint Athanase affirme cependant (C. arianos, II, 43) que les paulianistes employaient la forme prescrite.
prétendent qu'il faut baptiser seulement dans la mort du Seigneur; les seconds, parce qu'ils ne baptisent pas dans les trois hypostases divines, qu'ils confondent dans leur croyance'. A Jérusalem, Cyrille repousse uniformément le baptême de tous les hérétiques 2, pendant qu'Eusèbe de Gésarée regarde, au contraire, comme plus ancienne la tradition romaine', et que saint Epiphane ne veut pas que, en l'absence d'une décision de l'Eglise, on rebaptise même les ariens'*.
Pour les Cappadociens, la nécessité de rebaptiser les hérétiques pouvait à peine faire un doute, tenus qu'ils étaient par la tradition de Firmilien de Gésarée. Saint Grégoire de Nazianze, comme je l'ai remarqué plus haut, ne requiert pas du ministre du baptême la sainteté : c'est assez qu'il ne soit pas ouvertement condamné et réprouvé par l'Eglise pour qu'on puisse recourir à son ministère ; mais saint Grégoire requiert qu'il ait la foi de l'Eglise 5. Saint Basile entre dans plus dé détails. Distinguant les hérétiques proprement dits, qui errent en matière de foi, des schismatiques qui se séparent de l'Eglise principalement sur la question de la pénitence (les novatiens), et des dissidents qui forment des conventicules à part, il regarde comme nul le baptême des premiers et ne les reçoit dans l'Eglise qu'avec un nouveau baptême. Tels sont les montanistes, les marcionites, les valentiniens et les manichéens. Quant aux novatiens, encratites, hydroparastates, etc., simples schismatiques ou conventiculaires, saint Basile exprime l'idée que chaque église doit les traiter suivant la coutume ou tradition