‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 419 sur 1102 · Par exemple, De castigatione (P. G., XLVI · texte numérisé non relu

Par exemple, De castigatione (P. G., XLVI

chef. C'est absolument la théorie d'Origène. La purification des méchants après la mort sera plus ou moins longue suivant leurs crimes, mais enfin il faudra que le mal vaincu disparaisse et que Dieu règne tout en tous, que tous participent à ces biens que ni l'oreille, ni les yeux, ni l'esprit de l'homme ne sauraient atteindre et comprendre ' .

L'erreur de saint Grégoire de Nysse, on l'a vu, n'a pas été généralement partagée des auteurs grecs du IV* siècle. Deux d'entre eux cependant sont disposés à croire non à la cessation mais à un adoucissement de la peine des damnés par la charité et les suffrages des fidèles. Saint Chrysostome enseigne que, par l'aumône et les prières, on peut apporter quelque soulagement aux défunts morts sans baptême ou condamnés par Dieu ^. D'autre part, saint Cyrille de Jérusalem, parlant du mémento des trépassés dans la liturgie, se fait l'objection qu'il est inutile de prier pour ceux qui sont morts avec des péchés ((xeTà ajjiapTïifjtdcTwv). A quoi il répond que, de même que l'on peut obtenir d'un roi irrité, en lui offrant une couronne, la relaxation de la peine de l'exil qu'il aurait infligée à des coupables, aussi nous offrons à Dieu, pour les défunts même pécheurs, le Christ immolé, nous efforçant de rendre propice à eux et à nous le Dieu plein de bonté ^. Il se peut, à la rigueur, qu'il s'agisse ici de fautes légères ou déjà pardonnées en principe et par conséquent du purgatoire : il est cependant plus vraisemblable que le saint docteur veut parler d'un adoucissement obtenu dans le châtiment des réprouvés.

4. Orat. catechet., 2S, 33; cf. 40; De anima et resurrecl., col. 72, 404, 105, 452, 457; cf. De morluis, col. 524; Contra Arium et Sabellium (P. G., XLV, 4292, 4293).

2. In epist. ad PhiUpp., hora. III, 4; In acla apostoU^ hom. XXIJ 4.

3, Calech. XXIIf, 10

Le sort des élus sera là félicité éternelle et la possession de Dieu. Sur ce dernier point toutefois, il faut signaler l'opinion spéciale de saint Chrysostome et de l'école d'Antioche. Entraîné par la lutte contre les eunomiens, et d'ailleurs défiant des théories qui absorbent l'âme en Dieu, saint Chrysostome admet bien sans doute que les élus voient Dieu comme il leur est possible (6ç auToï; SuvaTov) ^ ; mais il nie qu'ils voient réellement l'essence divine. Ni les prophètes, dit-il, ni les anges et les archanges n'ont vu et ne voient ce ^'est proprement Dieu : Aùxo oreep Iffxlv ô 6eo; où (xovov ■JrpoçîÎTai akV ouSè aYYe^^oi eîSov ours «xpj^bcYYsXoi. Le Fils et le Saint-Esprit seuls l'ont vu et le voient, « car la nature créée tout entière, comment pourrait-elle voir rincréé ^ ? »

i. De beato Phîlogonio, VI, 1.

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