‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 446 sur 1102 · Op. et loc. cit · texte numérisé non relu

Op. et loc. cit

8. Les références entre parenthèses, et sans autre indication, reportent au Contra Vigilantium.

lestiniens (13, 14). La retraite dans la solitude est une désertion des devoirs de la vie ; la continence prive le pays de citoyens utiles (15).

Mais il s'attaque surtout au culte des saints. Vigilance pose en principe que les âmes des justes glorifiés ne peuvent avoir avec nous aucun commerce, en d'autres termes, qu'il n'existe pas de communion des saints entre le ciel et la terre (6) : les saints ne peuvent ni prier, ni intercéder pour nous, et les prier est <;hose inutile (6). Il ne faut donc pas leur élever des basiliques, offrir le sacrifice liturgique sur leurs tombeaux, ni célébrer les vigiles des martyrs, exercice qui est une occasion de désordres (1, 8) *. Quant aux reliques, c'est une idolâtrie, une insanité que de vénérer cette poussière morte, ce je ne sais quoi qui n'a plus avec l'âme aucun rapport ; on abuse quand on fait brûler des cierges devant elles (1, 4, 7)^.

Vigilance blâmait encore l'usage des monastères de Betliléem de chanter l'alleluia en dehors de Pâques (1), et nous apprenons enfin par la lettre lxi, 4, que saint Jérôme lui écrivit, qu'il interprétait d'une façon singulière le passage de Daniel (ii, 34-45) relatif à la pierre détachée de la montagne. La montagne était le démon, la pierre Jésus-Christ.

En somme, les idées de Vigilance sont bien claires : il veut, d'une part, séculariser l'Église, de l'autre, ramener le culte sur Dieu comme objet unique, et en réduire les manifestations extérieures : c'est du protestantisme pratique avant la lettre.

Ces idées ne furent pas d'abord mal accueillies; l'évéque de Toulouse, saint Exupère probablement, parut les favoriser, et d'autres évêques se laissèrent

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