p. L., LIX, LX
n'est qu'un développement, et dont l'avenir devait un jour consacrer le& principes^ .
Essayons, au moyen de ces auteurs, de nous représenter ce qu'était la théologie latine au iv® siècle;
§ 2. — La doctrine sur les sources de la foi..
La première des sources où nos auteurs vont puiser leur enseignement est naturellement l'Écriture. Es la régardent tous comme inspirée 2, mais sans analyser un peu profondément le concept de l'inspiration. Seul, saint Jérôme fait remarquer que l'auteur inspiré n'est pas entre les mains de Dieu, comme le pensaient les montanistes, un instrument purement passif, ravi en extase et ne comprenant pas lui-même ce que Dieu disait par sa bouche. Non, cet auteur restait conscient et actif, et c'est pourquoi nous constatons tant de différence dans le style des écrivains sacrés, chacun d'eux marquant l'expression de la vérité inspirée de sa personnalité propre^. Une conséquence de l'inspiration est d'ailleurs que l'Écriture ne peut ni se contredire, ni se tromper, ni nous tromper-^. Elle doit donc être notre guide; en elle tout est parfait^.
4. Édit. C. ZiwsA, Vindob., 4893. V. P. Monce.4.ux, Hist. litt. de l'Afr. chr., V, 4920. — Il faudrait aussi nommer Lucifer de Cagliarl et son disciple Grégoire d'Elvire dont les opinions sur l'Église rappellejit le rigorisme de Novatien. D. Wilmart a démontré que Grégoire est le véritable auteur des Tractatus Origenis édités par Ms"- BatiiTol. V. le premier volume de cette histoire, 6? édition, p. 357-362.
2. HiLAiRE, Jn psalm. LXIV, 3; Ambkoise, De Spiritu Sancto, UI, 112; JÉRÔME, In epîst. ad Gai., V, 20 (col; 417); Jn Mïchaeam, VIi; T (col, 1222); Epist. CXXin, 5.
3. In Isaiam, Prolog, (col. 19); Epist. CXXI, 10; et cf. les préfaces aux divers commentaires.
4. JÉRÔME, In Nahum, I, 9 (col. 1238); Epist. LVII, 7; cf. In^Malth., XIV, 8 (col. 98); In leretniam, XXVIII, 10, 11 (col. 8S3).
5. HiLAiRE, In CXVIII psalm., litt. YI, 1; Ambroise, In psalm. CXVIII, sermo XIV, 11.
Comment nos aùtéuïs l'interprètent- ils ? J'ai déjà dit que saint Hiïaire et plus encore saint Ambroise allégorisent souvent, et chérehéïit volontiers au delàj et quelquefois en dehors du sens littéral un sens plus haut. On en peut dire autant de Zenon de Vérone. Victorin, au contraire, malgré les explications originales, singulières, qu'il a données de certains passages de l'Écriture, se tient plus près de son texte et l'interprète en grammairien ^ . Quant à saint Jérôme, il emprunte à Origène la distinction des trois sens historique, tropologiqlie et spirituel. Le premier est conforme à la lettre; le second expose la leçon morale que le texte contient ; le troisième enfin met en relief, s'il y a lieu, les vues que ce même texte nous donne sur le ciel et la vie future'^. Saint Jérôme ne veut pas qu'on s'arrête toujours uniquement au sens littéral, qui peut être une occasion de scandale^; mais il condamne bien davantage ceux qui « divaguent » sous prétexte d'interprétation tropolôgique ou spirituelle^.
L'Ecriture est donc une première autorité qui nous instruit de ce que nous devons croire. Mais saint Hilàire observe que ceux qui sont hors de l'Eglise « ne peuvent avoir l'intelligence de la parole divine » , que dans l'Église « a été établie la parole de vie »^. Saint Ambroise dit que lé doigt' de l'Église nous montre la foi, qu'elle seule garde la loi complète du Seigneur^. Saiilt Jérôme à son tour remarque, par la bouche du luciférien qu'il approuve, que la tradition et la coutume
1. In epist. ad Galatas, ïl (coL 1184); In epist. ad Ephesios, II, prooem. (col. 1273).
2. Epist. CXX, 12; In Amos, IV, 4 (Col; 1021); Iri Ezechiel., XVI, 31 (col, 147).