In epist. ad Roman., V
L'attitude de saint Jérôme vis-à-vis d'Origène et de ses enseignements apparaît toute diiFérente selon qu'on l'envisage avant ou après l'année 394. Avant cette date, saint Jérôme est enthousiaste d'Origène qu'il appelle « alterum post apostolos ecclesiae doctorem scientiae ac sapientiae^ ». Il ne l'a pas admiré seulement en général; malgré ses dénégations^, on doit reconnaître qu'il a approuvé ou déclaré recevables certaines opinions des plus compromettantes du grand alexandrin : l'utilité du sang de Jésus-Christ aux anges déchus et à ceux qui étaient déjà dans l'enfer'; la restauration finale de tous les damnés — sauf le diable — par la pénitence, dans l'amitié de Dieu {omnibus per paenitentiam in integrum restitutis, solus diabo~ lus in suo permanebit errore) * ; peut-être même le salut final du démon [ut angélus refuga id esse inciplat quod creatus est] ^ ; la disparition du corps matériel des élus à la résurrection, ces élus devenant tout spirituels^. Après 394, saint Jérôme repoussa ou combattit ces opinions. 11 condamna la doctrine du salut universel et de la restitution finale'^, et affirma l'identité du corps ressuscité avec lé corps actuel^. Mais il continua d'admettre comme possible une certaine mitigation des peines des démons^, et surtout il continua