De utilitate credendi
La théologie de SAIKT AUGUSTIN. 359
Christ en effet qui a « parlé par la bouche des prophètes et conduit la plume des apôtres » ; ces livres des apôtres sont des écrits de Jésus-Christ même*. Dieu est le vrai auteur des Livres Saints, et c'est pourquoi ils ne sauraient contenir d'erreurs : « Quam (Scripturam) esse veracem nemo dubitat nisi infidelis aut impius ^ ». Celles qu'on y croit rencontrer sont des fautes de copie ou de traduction, ou encore viennent de ce que l'on comprend mal le texte ^.
Non pas que l'évéque d'Hippone exclue de la rédaction et de la composition des écrits inspirés toute collaboration et toute part humaine; il va, au contraire, jusqu'à admettre chez leurs auteurs secondaires des oublis, des confusions de noms possibles*; mais il ajoute que ce sont là des accidents sans portée, voulus de Dieu, qui ne nuisent pas au fond du récit, et qui n'empêchent pas qu'on ne doive aux Écritures et à elles seules — par opposition aux apocryphes et aux livres profanes — un assentiment absolu : « Solis <;anonicis (scriptis) debeo sine uUa recusatione consensum^ ».
Cette Ecriture, saint Augustin l'interprète d'ailleurs assez librement. On sait qu'il a hasardé — sans l'adopter pourtant d'une façon définitive — une théorie de la pluralité des isens littéraux, en vertu de laquelle toute interprétation pieuse et utile du texte serait un sens littéral voulu par le Saint-Esprit, auteur premier du texte ^. Ses interprétations doctrinales à lui sont souvent pénétrantes et justes, mais quelquefois aussi plus
1. De doctrina christiana, II, 6; Confessiones, VIT, 27; XIII, 44; De civii. Dei, XI, 3; XVIII, 43; De consensu evangelistarum, I, 5i.