Confession., IX, 27, 32, 36, 37; Sermo CLXXII
§ 10. — La pénitence, l'ordre, le mariage^.
On a sur la pénitence un sermon entier de saint Augustin, le cccLii® ; mais il en a parlé ailleurs, et l'on peut reconstituer à peu près sa doctrine sur ce sujet 2.
L'évêque.d'Hippone distingue trois sortes de pénitence : celle qui se fait avant le baptême, celle qui doit se faire tous les jours pour les péchés légers et quotidiens {çenialia, levià), celle enfin qui doit se faire après les fautes mortelles, graves {lethalia, gravia)^ qui vont contre le décalogue, et dont saint Paul dit que ceux qui les commettent n'entreront point dans le royaume des cieux^. C'est de cette dernière qu'il s'agit ici.
Quels actes comporte-t-elle?
Le premier est évidemment dans le pénitent un acte de repentir : cette douleur du péché commis est la condition du pardon*.
En second lieu, le pénitent doit avouer ses fautes à ceux qui gouvernent l'Église, pour en recevoir la détermination de sa pénitence. Le saint docteur parle en général de la confession des péchés, sans dire à qui elle doit se faire, dans ses commentaires sur les psaumes Lxvi, 6 et xciv, 4 et dans le De diceisis quaestionibus, Lxxxiii, qu. xxvi. D'autre part, il suppose dans son sermon lxxxii, 11, que l'évéque connaît des crimes secrets que le monde ignore; et enfin il ajoute dans VEnchiridîon, lxv, que « recte constituuntur ab iis
1. Travaux : P. Schanz, Die Lehre des M. Augustinus ûber das hl. Sakrament des Busse, dans Tûbing. theolog. Quartaîschrift, iS9o. A.' KmscH, Zur Geschichte der Katholischen Beichte, Wùrzburg, 4902.
2. On observera que le sermon CCCU, qui traite aussi de la pénitence, est d'une authenticité douteuse.
3. Sermo CGCLII, 2 suiv.; De symbolo ad cafecTium., 15; Enchiridion, LXIX; De fide et operîbus, 48.