‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 608 sur 1102 · De bono coniug · texte numérisé non relu

De bono coniug

spécialement une propriété du mariage chrétien : elle en constitue le lien sacramentel, honum, sacramenti^ ; et c'est en effet parce que le mariage chrétien est un symbole, un signe sensible de l'union de Jésus-Christ et de l'Eglise, que les époux doivent rester unis irrévocablement : « Quoddam sacramentum nuptiarum commendatur fidelibus coniugatis, unde dicit apostolus : viri diligite uxores çestras, sicut et Christus dilexit Ecclesiam : huius procul dubio sacramenti res est ut mas et femina connubio copulati quamdiu vivunt inseparabiliter persévèrent, nec liceat, excepta causa fornicationis, a coniuge coniugem discedere^. » Le mariage ne saurait donc être rompu pour cause de stérilité^. Mais pourra-t-on le rompre pour cause d'adultère du conjoint, et se remarier? La question, on le sait, était diversement résolue même en Occident : saint Augustin l'a traitée ex pi'ofesso dans le De con~ iugiis adulterinis ad Pollentium. Il y soutient que, en dehors du cas d'adultère, il n'est pas permis à l'époux d'abandonner son conjoint, et que même alors la partie innocente — que ce soit l'homme ou la femme — ne doit point se remarier (i, 2-5, 7-13; ii, 3, 4, 11). Le texte de saint Matthieu, xix, 9, ne contredit point cette solution (i, 9-12)-'. Ainsi notre auteur maintient jusqu'au bout l'indissolubilité du mariage. Le mariage, pensait-il, imprime, comme le baptême, une sorte de caractère : la différence entre eux est que Dieu, l'époux à qui l'âme est liée par le baptême, est immortel, tan-

L De bono eonîug., 32; De gratta Chrîsti et depece. orig., îl, 39.

2. De nupt. et concup., I, 11 ; cf. De bono coniug., 6, 7, 32; De fide et operîbus, 10.

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