P. L., t. XLV; répété t. XLYIH
litate consisfcit *. » Et ce pouvoir de choisir, bien que reçu de Dieu, nous est tellement essentiel que nous ne saurions ne pas l'avoir. Il y a en effet, disait Pelage, trois choses à distinguer dans l'acte libre, passe, velle, esse : « Posse in natura, velle in arbitrio, esse in effectu locamus. » Or, je puis bien ne pas vouloir le bien ni Texécuter, mai& je ne saurais ne pas avoir le pouvoir de le vouloir et de le faire. D'autre part, le vouloir et le faire dépendent de moi, et c'est moi qui me les donne : de là le mérite et la récompense due à mes œuvres : « Primum illud, id est posse ad Deum proprie pertinet, qui illud creaturae suae contulit : duo vero reliqua, hic est velle et esse ad hominem referenda sunt, quia de arbitrii fonte descendunt. Ergo in voluntate et opère bono laus hominis est^. »
On objectait à cette toute-puissance de la volonté libre qu'elle avait été affaiblie dès le principe et se trouvait inclinée au mal. Les pélagiens le niaient résolument : la liberté était, à leur avis, une balance dont les plateaux bien équilibrés ne pouvaient être mus que par la volonté^. Dès lors, rien ne s'opposait à ce que l'homme, toujours capable d'éviter le mal et d'observer les commandements de Dieu, vécût, à la rigueur, sans péché : « Ego dico posse esse hominem sine peccato"*. » Pelage, sans doute, n'osait pas toujours affirmer le fait^; d'autres fois cependant, il ne craignait pas d'assurer que beaucoup de philosophes, avant ou après Jésus-Christ, avaient constamment
i. JuuEN ap. AuGUST., Contra Iulian, op. imper f., I, 78, 79; P£uge, Libell. fidei, 13*