JuuES ap. AcGusT., Contra Iulian. op. imp., I
6. Pelage ap. Marius Mercat., Commonitorium, II, 10; Julien ap. August., Cont. Iulian. op. imp., Yl, 21.
interpréter le ex imo in condemnationem de saint Paul aux Romains, v, 16'.
Les pélagiens auraient pu cependant, tout en niant le péché originel proprement dit, accepter la doctrine de la chute et reconnaître que la mort, les maladies, l'ignorance et la concupiscence étaient une conséquence de la faute d'Adam. Mais c'eût été reconnaître une déchéance, un affaiblissement de la nature dans ce qui lui est, pensaient-ils, essentiel; c'eût été admettre qu'Adam avait été créé dans un état supérieur à notre état actuel, et c'est à quoi ils se refusent. Non : Adam a été créé mortel : « Adam mortalem factum, qui sive peccaret, sive non peccaret, moriturus esset 2. » La preuve en est dans l'institution du mariage, destiné dès le principe à combler les vides produits par la mort : elle se trouve encore dans le fait que la rédemption n'a pas détruit la mort; car d'ailleurs « ablationem mortis amotio peccati débet operari^ ». Le morte moriemînî ne marque donc pas la mort physique, mais la mort spirituelle du péché : le pulpis es et in pulverem reverteris n'est pas l'expression d'un châtiment, mais d'une consolation par l'annonce que les maux de la vie auront une fin. Et si l'on tient absolument à ce que l'augmentation des peines et des douleurs d'Adam et d'Eve aient été en effet, comme il semble [Genèse^ m, 17-19), une punition de leur péché, cette punition les a frappés personnellement et non pas leur race : « personis hominum sunt illata, non generi'* ».
1. Julien ap. August., Contra Ivlîan. op. imp., H, 107 ; De gratia Chr. et depecc, orig., II, 3; Depeeeator. merit. et remiss., I, 9. 3. Caeiestids ap. âugdst.. De gestis Pelagii, 23.
3. JoLiEN ap. August., Contra Iulian. op. imp., II, 93; Tl, 30; Caeles- Tiijs ap. August., De gestis Pelagii, 23.
4. Julien, ap. august.. Contra Iulian. op. imp., VI, 27, 25; De peccat, merit. et remiss., l, 2.
Et il en feut dke autant de la concupiscence. Elle existait chez nos premiers parents comme chez noua, puisqu'ils ont péché précisément en désirant le fruit défendu. La concupiscence sexuelle notamment a été concréée par Dieu avec le corps; elle a existé en Jésus- Christ, et c'est être manichéen que d'y voir un mal et la conséquence du péché*.
Bref, tout se résume dans ce mot de Celestius : « Quoniam infantes nuper nati in illo statu sunt in quo Adam fuit ante praevarieationem ^. »
Restait toutefois une obscurité. Si rien n'est vicié chez nous, si nous sommes tels qu'Adam est sorti des mains de Dieu, et si le libre arbitre suffit pour éviter tout péché, comment se fait-il que nous tombions si aisément, et que le péché soit chose générale? Pelage n'en donnait pas d'autre explication qu'une longue ha^ bitude de pécher contractée dès l'enfance,^ et qui est devenue chez nous une seconde nature^. Il avouait d'ailleurs que les hommes sont « terrenis cupiditatibus dediti, et, mutorum more animalium, tantummodo praesentia diligentes'' » ; mais de cette tendance impérieuse il ne cherchait pas la cause en dehors des actes isolés de la volonté libre : il ne voyait que des individus coupables et non pas une humanité universellement pécheresse.
Cependant, la négation du péché originel entraînait nécessairement un changement dans la façon d'envisager le baptême des enfants alors généralement pratiqué. Comment soutenir encore qu'il fût donné in remissionem peccatorum, puisque ces enfants étaient innocents? Aussi les pélagiens ne le soutenaient-ils
1. JuuEN ap. AUGUST., Contra Iulian. op. imp., I, 71; III, Sia; IV, 45-64.