De Deo, lib. IX, cap
cadrant mieux avec l'idée que se fait saint Augustin, d'après saint Paul, du domaine souverain de Dieu et de la pleine indépendance de ses décisions.
Saint Augustin en effet ne se contente pas de repousser l'erreur pêlagienne qui représentait la prédestination comme conséquente à la prévision de mérites purement humains; il repx)usse encore cette opinion semi-pélagienne qui faisait dépendre le sort des enfants mourant avant l'âge de raison, leur l)aptême ou leur non-baptême, de la prévision du bien ou du mal qu'ils auraient fait s'ils avaient vécu. C'est là, de l'avis de l'évêque d'Hippone, une idée qu'on ne saurait raisonnablement soiitenir. Les enfants, et en général les hommes seront jugés non sur leur conduite hypothétique, dans un ordre de choses qui n'a point existé, mais sur leur conduite réelle. Or les enfants qui meurent dès le berceau n'ont commis ni bien ni mail. Il est donc bien clair, pour ecx du moins, que ceux d'entre eux qui sont prédestinés l'ont été indépendamment de toute prévision de mérites : ils l'ont été ante praeçisa mérita : « In eo ergo quod aliis eam (gratiam baptismatis) dat, aliis non dat, cur nolunt cantare Domino misericordiam et iudicium? Cur autem illis potius quam illis detur, Quîs cognovlt sertsum Domini? Quis inscrutabilia scrutarivaleait? Quis investigabilia vestigare ^ ? »
En est-il autrement pour les adultes? Kon : saint Augustin insiste au contraire sur la parité qui existe à ce point de vue entre les adultes et les enfants. 'Pour les uns et les autres le pourquoi de leur prédestination est un mystère : nous savons seulement que Dieu n'est pas injuste ^. De plus la prédestination n'est pas l'effet
1. De dono persever., 27, 23, 31; De praedest. sanct., 24-29; Epis t. CLXXXVI, H.