Lebon, Le monophysisme sévérien, p. 96 et suiv
{j(,E{i.6vr)xév«i, xaToticoôîîvai Ss Ôtto TauxT}? t^v évOpwwoTïjta*. D'autres suivirent une autre voie, et mirent en avant une transformation du Verbe en la chair. Si le Verbe, disaient-ils, a pris chair de Marie, une addition s'est faite à sa personne et par conséquent à la Trinité. Il n'a donc rien pris de la Vierge : « Verbum nihil de Virgine sumpsit, sed ipsum, sicut voluit, in ea formatum est et factum estcaro^. » Le Verbe s'était condensé en chair, à peu près comme l'air humide se condense en pluie ou en neige, comme l'eau se solidifie en glace ^. D'autres allèrent encore plus loin, et ne virent dans l'humanité du Sauveur qu'une modification, une apparence extérieure prise par le Verbe et existant en sa. personne, comme l'empreinte du sceau dans la cire qui en est marquée^. On glissait ainsi au pur docétisine, et cela justifie bien le nom de phantasiastes que Sévère et Philoxène donnent aux auteurs de ces rêveries.
L'idée de fusion ou de mélange des deux natures en une, condamnée par Apollinaire comme par Cyrille, trouva aussi des partisans. Il existe toute une correspondance de Sévère d'Antioche avec un certain Sergius, surnommé le Grammairien, qui soutenait cette opinion ^. La distinction des propriétés dans le Christ, disait-il, impliquait le nestorianisme : on ne devait admettre en lui que {xiaoudJa xal ttoioty);.
Il se peut que les fauteurs de ces diverses erreurs aient été nombreux : ils ne prirent cependant jamais