Bibliolh., cod. 230, col. 1030 et suiv
L'ÉVOLUTION DU MOSOPHYSISMB, 129
nom personnel, mais comme représentant des hommes dont il est le chef. On peut encore, continue-t-il, répondre que l'ignorance convenait au Christ, si on le considère comme homme, en dehors de l'union, car le propre de l'humanité est d'ignorer ^ Quant aux Pères qui semblent admettre une ignorance en Jésus, ils n'ont pas fait de leur sentiment un dogme ; ils l'ont plutôt émis comme un argument de polémique contre les ariens; à moins qu'ils n'aient parlé, eux aussi, d'ignorance anaphorique, ce qu'il est plus pieux de croire.
Ces explications sont celles qu'adopte saint Grégoire pape, dont on a sur ce sujet deux lettres ^ adressées, en l'an 600, à ce même Eulogius d'Alexandrie. Grégoire y préconise, suivant les cas, la solution de l'ignorance anaphorique ou économique, mais il préconise aussi la solution qui rejetterait l'ignorance sur l'humanité nude sumpta. Le Sauveur connaît le jour et l'heure du jugement « in natura humanitatis », non « ex natura humanitatis » : « Incarnatus unigenitus. . , in natura quidem humanitatis novit diem et horam iudicii, sed tamen hune non ex natura humanitatis novit. Quod ergo in ipsa novit non^ ex ipsa novit, quia Deus homo factus diem et horam iudicii per deitatis suae potentiam novit... Diem ergo et horam iudicii scit Deus et homo; sed ideo quia Deus est homo^. » Et le pape conclut par ces paroles où il rejette définitivement l'erreur agnoète ; « Res autem valde manifesta est quia quisquis nestorianus non est agnoita esse nullatenus potest^. »
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