‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 783 sur 1102 · Breviar., 24, col · texte numérisé non relu

Breviar., 24, col

2. Dana Facdnogs, Pro defcnsione trium capitulorum, II, 3 (P. X"i

lettre aux évoques contenant une profession de foi et, à la fin, une condamnation, à laquelle on devait souscrire, de Théodore (de Mopsueste), des écrits de Théodore! et de la lettre d'Ibas à Maris ^. L'empereur toutefois réservait expressément l'autorité du concile de Chalcédoine, qui avait reçu comme orthodoxes Théodoret et Ibas : « Si guis dixerithaec nos ad abolendos aut excludendos sanctos Patres qui in Chalcedonensi fuerunt concilio dixisse, anathema sit. »

L'édit ainsi libellé devait, nous l'avons dit, être souscrit par tous les évêques. Les quatre patriarches de l'Orient s'exécutèrent, bien qu'à contre-cœur, et les évêques généralement les suivirent ^. Mais on voulait de plus l'assentiment du pape, et c'était le plus difficile à obtenir.

Le pape était alors Vigile (538-555). C'est par la protection de Théodora, dit Libérât, qu'il était arrivé au pontificat, et en retour de l'engagement qu'il avait pris auprès d'elle, étant apocrisiaire à Constantinople, de favoriser sa politique religieuse et de soutenir Anthirae, Théodose d'Alexandrie et Sévère^, Ces débuts étaient fâcheux. Une fois intronisé, Vigile tâcha de les faire oublier et d'oublier lui-même ses promesses en écrivant à Justinien et au patriarche Mennàsles lettres les plus orthodoxes^. Or l'édit visant les trois chapitres

LXVII, S66, S&l) et IV, 4 (col. 628). Oa connaît la composition de l'écrit par la lettre de Pontianus à Justinien {ibid., col. 99d}.

1. C'est ce qu'on appela plus tard les Trois chapitres (xpia xeçâ).ata), à savoir : 1» la personne et les oeuvres de Théodore de Mopsueste; 2» les écrits de Théodoret pour Nestorius et contre saint Gjrllle et le concile d'Éphèse; 3* la lettre d'Ibas à Maris.

2. Facundus, Pro de/fefts., I V, 4; LibercontraMocianum{,P. L.,hX\U, col. 625, 626, 861) -Libérât, Brev., 24, col. 1049.

3. Libérât, Breviar^ 92, col. 1039. Ne pas oublier que Libérât est un ennemi de vigile.

4. Pi L., LXIX, 21, 23. Les lettres sont du 17 septembre B40. Quant à Ift l<?ttre à Anthime, Théodose et Sévère, dans laquelle Vigile proteste qu'il professe la même foi qu'eux, et dont Libéra t {Breviar., 23) et Vic-

n'imposait pas sans doute le monopliysisme, mais ilavait toutl'air, malgré les protestations de son auteur, decontredire certaines décisions du concile de Chalcédoine. Vigile s'en rendait compte, et il savait aussi que la masse des évéques occidentaux, surtout du nord de l'Afrique, de la Dalraatie et de l'Illyrie, voyaient du plus mauvais œil la tentative de l'empereur. Consulté, îe diacre Ferrand de Cartilage, alors une des lumières de l'Église d'Afrique, s'était nettement déclaré contre l'édit ' . il pensait que l'on ne devait point juger des morts, et qu'il y avait péril à revenir sur ce que les conciles ont décidé. Bref, Vigile se sentant soutenu, refusa de souscrire à la condamnation portée par Justinien. Tout eût été pour le mieux si le pape avait été indépendant; mais Justinien était alors maître de Rome. Il manda Vigile à Constantinople, et celui-ci, violenté probablement, dut partir.

Le25 janvier 547 il arriva à Constantinople et montra d'abord la même fermeté. Puis, peu à peu, cette intransigeance fléchit, et des conférences commencèrent pour examiner la question des trois chapitres. Entre les évêques qui y prirent part se trouvait l'évêque d'Hermiane, Facundus, qui nous a transmis des détails sur ces assemblées. Personnellement, Facundus abandonnait volontiers Théodore de Mopsueste dont le concile de 451 ne s'était point occupé; mais il pensait que, à travers Théodoret et Ibas, c'étaient les décisions de Chalcédoine qu'on voulait atteindre, et il les défendit détentes ses forces ^ Soixante-dix évê- ■ ques cependant se prononcèrent contre les trois chapitres, et, le 11 avril 548, Vigile donna sonludicatum.

tor de Tunnunum (Chronique, P. L., LXVIII, 957) donnent le texte, elle est très (irobablement apoCTyphe et l'œuvre des adversaires du pape 'DcCIIEs^E, Le lib. pontifie, I, 300).

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