‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 785 sur 1102 · Mansi, IX, 64; P. L., LXIX · texte numérisé non relu

Mansi, IX, 64; P. L., LXIX

3. V. les act€S dans MANsr, IX; cf. EEfELF.-LECLtRCQ,Hist.det conciles, III, 1.

pdYirsuivit le i7 mai, jour de la cinquième session, et l'on se demanda si Théodore, bien que mort dans la communion de l'Église, pouvait être condamné. La séance continua par la lecture des extraits des ouvrages de Théodoret qui paraissaient contraires à la foi et injurieux pour saint Cyrille. La sixième session (19 mai) fut consacrée à Ibas. On lut d'abord sa lettre à Maris, et le concile fut d'avis généralement de la condamner. Puis Théodore Askidas et avec lui trois autres évêques entrèrent dans un examen plus minutieux de la question. Cette lettre, objectait-on, avait été approuvée par divers membres du concile de Chalcédoine. Le fait était vrai : et c'est cette approbation que les évêques susdits s'efforcèrent d'expliquer. Mais, au lieu de s'attaquer aux votes bien plus importants des légats de Léon et de Maxime d'Antioche, ils se bornèrent à interpréter uniquement celui d'Eunomius. Finalement, le concile s'écria que la lettre était hérétique, blasphématoire; et J3ur ce, la sixième session fut close.

C'est à ce moment que Vigile rentra en scène. Le 14 mai 553, il avait fait remettre à Justinien un mémoire contenant son jugement sur les trois chapitres. C'est le Constitutum Vigiliif/apae de tribus capitulis^^ une des meilleures compositions littéraires que nous ait léguées le vi® siècle. Adressé à l'empereur, il peut se diviser en trois parties.

La première reproduisait les deux professions de foi présentées par Théodore Askidas et Mennas, puis par Eutychius, et résumait les événements jusqu'à la réunion du concile.

La deuxième était un examen des trois chapitres. Pour Théodore, le pape ne faisait nulle difficulté de reconnaître son hétérodoxie. Reprenant les soixante

i. Mansi, IX, 61-106; P. L., LXIX, 67-114.

et onze extraits dont l'empereur lui avait communiqué le texte, il en retenait cinquante-neuf, auxquels il en ajoutait un nouveau, le treizième, et les faisait suivre d'un anathème. Mais, d'autre part, Théodore n'avait été condamné ni à Éplièsé ni à Chalcédoine, et il n'est pas d'usage, dans l'Eglise, de condamner des morts. En conséquence, Vigile n'osait condamner sa personne, ni permettre que d'autres la condamnassent, bien qu'il fût entendu que les fragments dogmatiques cités restaient absolument proscrits dans leur sens obvie [secundiim subiectos intellegentiae sensus) ^.

Venant ensuite à Théodoret, le pape se refusait à le condamner. Théodoret avait été reçu par le concile de Chalcédoine : il avait anathématisé Nestorius. Les injures contre saint Cyrille, ou il avait nié en être l'auteur, ou saint Cyrille lui-même n'avait pas voulu qu'on les rappelât. On ne devait pas être plus exigeant que saint Cyrille et que le concile. Vigile défendait donc de condamner aucun écrit sous le nom et avec le nom de Théodoret (sub taxatione nominis eius), mais il condamnait d'ailleurs toute proposition, qu'elle fût de Théodoret ou d'un autre , non conforme à la foi, et, pour confirmer ce qu'il avançait, il ajoutait cinq anathématismes contre des propositions nestoriennes ^.

Passant enfin à Ibas, le Constitutum relevait d'abord, dans le concile de Chalcédoine, les votes des légats Paschasinus et Lucentius qui déclaraient que « la lettre d'Ibas ayant été lue [devant eux], ils avaient reconnu qu'il était orthodoxe » ; celui d'Anatoliûs de Constan-

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