‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 788 sur 1102 · Massi, IX · texte numérisé non relu

Massi, IX

qui reproduisaient en grande partie ceux de Justinien dans son 'OfAoXoyia ittsTew^En voici l'objet * :

Le premier définit la doctrine de la Trinité.

Le second prononce que les deux naissances, éternelle et temporelle, doivent être attribuées au Verbe.

Le troisième affirme l'identité du Verbe et de Jésus- Christ, même personne, àla fois Dieu et homme, faisant des miracles et souffrant.

Par le quatrième sont condamnées l'union orystix^ de Nestorius et ses différentes expressions, et l'union xaxà aiyyxxjiy d'Apollinaire et d'Eutychès. On y adopte l'union xaô' bmexaaiv OU xaT^t ouvOeffiv, laquelle maintient la distinction des natures, mais exclut leur séparation.

Le cinquième est dirigé contre ceux qui entendaient l'unité d'hypostase ou de personne en Jésus-Christ comme une simple unité morale de deux personnes ou hypostases, et attribuaient ce sentiment au concile de Chalcédoine. La Trinité, pas plus que le Verbe qui est un de la Trinité, n'a admis ainsi l'addition d'une nouvelle personne ou hypostase.

Le sixième anathématisme définit que Marie est vraiment, et non pas en figure seulement, ôsotoxoç, et que le concile de Chalcédoine l'a ainsi entendu. On y prohibe les appellations àv6po)7co'roxo; et j^pkjtotoxo;.

Le septième condamne ceux qui, en distinguant et comptant deux natures en Jésus-Christ, ne font pas cette distinction ôewpia [xovï], et leur supposent à chacune une subsistance propre et à part.

Dans le huitième, on explique que les formules ex Sûo «puffEwv et jAta (^uffiç Toû ôeou Aoyou cE(iapxo)[jiÉv'iri ne doivent pas s'entendre d'une identité de cpuaiç ou d'ouafa de la divinité et de l'humanité qui se serait produite par confusion des deux, mais bien d'une unité personnelle,

i. BlANsi, IX, 3'6 et saiv. ; Hahn, Bibliolh., % 148.

i4« HISTOIRE DES DOGMES.

Les deux natures ont gardé dans l'union leur être spécifique : l'Eglise condamne à la fois et ceux qui les séparent et ceux qui les confondent.

Le neuvième proscrit et la double adoration du Christ, au sens nestorien, et l'unique adoration au sens cutychien, cette dernière supposant que la divinité n'est avec la chair qu'une (pustç ou une où<jia. On doit adorer d'une seule adoration le Verbe uni à sa chair.

Le dixième anathématisme définit que Jésus-Christ crucifié dans sa chair est Dieu et un de la Trinité.

Par le onzième est anathématisé quiconque n'anathématise pasArius, Eunomius, Macedonius, Apollinaire, Nestorius, Eutychès, Origène et leurs écrits, et généralement tous les hérétiques condamnés par l'Eglise et par les quatre premiers conciles, et quiconque partage leurs sentiments.

Le douzième anathématisme est dirigé contre Théodore de Mopsueste et contre tous ceux qui admettent ou défendent sa doctrine et ses ouvrages.

Le treizième vise Théodoret. 11 condamne tous ceux qui défendaient ou ne condamnaient pas ce qu'il ^vait écrit d'impie contre la vraie foi, contre le premier concile d'Ephèse, contre saint Cyrille et ses douze anathématismes, et généralement en faveur de Théodore de Mopsueste et de Nestorius et de ceux qui partageaient leur sentiment.

Le quatorzième s'occupe d'Ibas. 11 anathématisé tous ceux qui défendaient ou ne condamnaient pas sa lettre impie à Maris * ; tous ceux qui ont écrit ou qui écriraient pour la justifier, en se prévalant de l'autorité du concile 4e Chalcédoine.

1. On- remarquera que le concile suppose toujours qu'il n'est pas •certain que la lettre soit d'Ibas lui-même : Tîjii èmaxcUâit; t^; "kzyo^évfii napà "lêoc ytypifHu Les partisans d'Ibas niaient en effet son authenticité.

EES TROIS CHAPITRES. 149

Tout le document se terminait par la peine de déposition portée contre les évêques et les clercs, et celle d'anathème portée contre les moines ou laïcs qui oseraient répandre, enseigner ou écrire quelque chose de contraire aux dispositions qu'il contenait. Cent soixantequatre évêques, y compris Eutychius, le signèrent. Ce fut le dernier acte du concile.

L'empereur se hâta de faire ratifier la sentence par les évêques absents de l'assemblée, en la soumettant à leur signature. En Orient, il rencontra peu de résistance ; mais il voulait obtenir aussi l'assentiment des occidentaux et surtout du pape avec qui le concile s'était mis en conflit direct. Ceci était plus laborieux. Les latins montrèrent moins que de l'empressement à souscrire, et il fallut employer à leur égard, et d'ailleurs sans succès, les moyens violents, les menaces et l'exil*. On a supposé que Vigile aussi avait été exilé. Rien n'est certain^. Ce qui est certain, c'est qu€ lepape finit par céder et par accepter les décisions du concile. On a de ce fait, indépendamment du témoignage des historiens,deux monuments.

C'est d'abord une lettre de Vigile à Eutychius « pro confirmatione quintae synodi oecumenicae ^ », datée du 8 décembre 553. Après avoir rejeté sur les artifices du démon sa résistance antérieure, le pape y condamne les trois chapitres dans le sens du concile, et casse tout ce que lui ou d'autres ont fait pour les défendre.

Le second document est lin second Constitutitm de Vigile^, daté du 23 février 554. Il était adressé peut-être aux évêques latins, et les longues discussions dans lesquelles il entre ont évidemment pour but de résoudre les

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