‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 813 sur 1102 · P. G., XCI, C · texte numérisé non relu

P. G., XCI, C

xai ffUYYevTjç Ivépvsta, venant à la fois du Verbe et de la chair, il visait le cas particulier des miracles opérés par Jésus-Christ par la puissance du Verhe, mais avec le concours de son humanité, lorsque, par exemple, sa main touchait le malade. Dans ce cas, il n'y avait moralement qu'une seule action totale, produisant un effet unique, encore qu'une part en revînt à chacune des natures"*. Et si Denys a parlé d'une xaiv>i tîç 9eav- Spix'^i IvepYËia, c'est pour marquer l'intime harmonie avec laquelle les deux natures agissaient ensemble en vertu de leur circumincession (Ttepij^wprifftç), ou même pour désigner, comme Cyrille, ces sortes d'opérations complexes dans lesquelles le Verbe et l'homme exerçaient à la fois leur activité 2.

Venant à la question des volontés, Maxime procède, dans sa démonstration, d'une façon analogue. Tout être possède un ÔsXTjixa «pudixo'v, un appétit au moins inconscient pour le bien qui lui convient 2. Cet appétit est nécessaire et inéluctable. Mais, dans l'homme, en qui l'intelligence intervient, l'objet particulier sur quoi se portera cet appétit, ce désir, cette volonté, se trouvera déterminé par des considérations rationnelles. Le choix (Trpoatpsfftç) sera dirigé par des réflexions préalables (pouX;^, pouXeuatç). La détermination ainsi prise, ou l'acte de volonté formé à la suite de ces considérations s'appelle ôéXyifjia Yvwfjuxôv*. Le ôéXTipia Yvio|Jtixov suppose donc dans le voulant un examen, une sorte d'hésitation préalable, hésitation qui a pour cause Tabsence dans le sujet d'une vue immédiate, et complète du caractère de l'objet vers lequel il se porte. Le

i. p. G., xci, «5, 101, 344, 345.

s. p. G., IV, '630 el suiv.; XGI, 100, 345, 1045 et sniv. S. QUrnux çaatv EÏvai çuffixôv, ïtyouv 6ÉX*iffiv, Sûvajttv toû xatà çi5fft* ivTo; ôpexTixtiv (P. G., XGI, 12, 192). 4. P. G., XCI, 21 et suiv., 1S3, 308.

LE MONOTHÉLISMB. 191

fléXrjf*» yv(ii\t.iy.6v ne se distingue donc pas du esXrifAa œuffixtJv comme le particulier du général, ni surtout comme le libre du nécessaire; car le ôsXïjfxa epuffixov peut être libre lui aussi et même d'une liberté plus 'haute, car elle exclut la possibilité de se tromper et de pécher. Dieu veut librement de cette façon ^ Le 0£Xï]u.aYvto[Aixov est le vouloir purement humain, toujours faillible et imparfait par quelque endroit.

Ceci posé, Maxime remarque que la volonté libre faisant partie de la nature humaine, le Verbe, s'il a pris réellement cette nature, a pris nécessairement aussi cette volonté^. Mais il l'a prise sans ses défauts, c'est-à-dire sans la possibilité de faillir et de pécher, puisque cette possibilité vient en nous de l'ignorance et de la concupiscence, deux choses auxquelles le Christ n'est pas sujet. On trouve donc en lui le ôsXTQfxa (pucrtxov, c'est-àdire la volonté et l'acte de vauloir tels qu'ils conviennent à notre nature, mais non pas le ÔÉXTip-a Yvwfxtxov, dont les causes sont des défauts de cette nature. Jésus- Christ n'avait besoin, pour se décider, ni de peser les raisons pour et contre, ni de faire appel à des motifs extérieurs : le bien lui apparaissait de prime abord, et sa volonté s'y portait sans obstacle 2. "

C'est l'union hypostatique évidemment qui était, en Jésus, le principe de cette rectitude absolue de la volonté humaine. On ne peut imaginer dans l'Homme- Dieu une déviation morale qui serait attribuable au Yerbe. Et c'est pourquoi^ contrairement à l'affirmation des monothélites, on doit admettre en Jésus-Christ deux volontés, l'une divine, l'autre humaine, sans craindre qu'elles s'opposent et se combattent. Il n'y a

1. P. G., IV, 141; XC, 1088. On remarquera que Maxime entre dans l'idée platonicienne qui fait de l'ignorance la source du péché, P. G., 989 A.

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