V. plus haut, p. 293, l'édition et les travaux signalés
6. Impossible d'indiquer une édition un peu complète de ses œuvres. La Patrologie latine, t. LXVII et t. XXXIX (parmi les sermons apocryplies de saint Augustin), en contient une partie. D. Morin en a publié d'autres et annonce une édition complète. — Travaux : A. Malnory, Saint Césaire, évêque d'Arles, Paris, 1894. C. F. Arnold, Caesarius von Arelate, Leipzig, 189i. P. Lejay, Le rôle théologique de Césaire d'Arles, Paris, 1906.
milieu des barbares, et sentant que la haute culture va se perdre, il veut au moins transmettre quelques règles de foi et de conduite simples au peuple qui l'environne. Sa popularité même malheureusement a nui à son héritage littéraire, et on lui a si souvent emprunté qu'il est devenu difficile de lui restituer entièrement ce qui lui appartient.
Fauste trouva un adversaire de sa doctrine de l'âme dans le prêtre Claudien Mamert de Vienne {f v. 474)'. Un peu plus tard le grand évêque de la même ville, saint Avit(év. 490, -f- 526) ^, se distingua dans la poésie, mais écrivit aussi en prose contre les eutychiens et les ariens.
En Espagne, la littérature théologique, longtemps empêchée de se produire par les guerres qui bouleversèrent la péninsule ibérique, jeta un nouvel éclat à la fin du VI® et durant le vn« siècle. Saint Martin de Braga (-f- 580) est surtout un moraliste : on lui doit cependant un opuscule sur le rite baptismal ^. Mais le grand docteur espagnol est saint Isidore de Séville (év. v. 600, -f 636)^. Célébré par les conciles à l'égal des Pères les plus fameux, saint Isidore mérite ces éloges par l'étendue de son érudition et la fécondité de
1. OF-uvres dans P. L,, LUI. — Travaux : M. Schulze, Dte Schrift des ClaudianuB Mamertiis... ûber dos Wesen der Seele, Dresden, 1883. R. DE LA Broise, Mamerti Claudiani vita eiusque doctrina de anima hominis, Paris, 1890. Bardenhewer, t. IV, p. 591-594.
2. Edit. Ulyssk Ckevxuek, Œuvres complètes de saint Avit, év. de Vienne, Lyon, 1893. — Travaux : H. Denzinger, Aie. Ec lic- Avitus, archev. de Vienne, Genève, 1890. P. N. Frantz, Avilus von Vienne, Greifswald, 1908. P. de Labriolle, Hist. de la litt. lat. chrét.^, Paris, 1924, p. 648 fôl.
3. Cet opuscule. De trina mersione, se trouve dans Flouez, Espana sagrada, XV.
4. OEuvres dans P. L., LXXXI-LXXXIV. — Travaux : M. Menaxdez Pelayo, Saint Itidore et l'importance de son rôle dans l'histoir" intellectuelle de l'Espagne, trad. fratiç. dans les Annales de phUo<ophie chrétienne, toin. VII, 1.S8-2, p. 238-269. G. H. Beeso.v, Isidor-S Indien, Hiinciien, 1913. De Labriolle, p. 695-~00.
sa plume. Il s'est efforcé, dans- ses écrits encyclopédiques, d'embrasser les sciences divines et naturelles à la fois, et de léguer au moyen âge un répertoire des connaissances humaines. Mais c'est là, on le comprend, bien plus une œuvre de compilation que de réflexion personnelle. Saint Grégoire et saint Augustin ont fourni le plus clair de sa théologie.
De l'évéque de Tolède saint lldefonse (év. 659-667) < on possède entre autres un traité assez important De co" gnitione baptismi qui reproduit au moins dans son fond, ont pensé quelques critiques, un ancien traité (perdu) sur le même sujet de Justinien évêque de Valence, mort après 546. Tolède eut un second théologien peut-être égal, et même supérieur en originalité à saint Isidore, dans l'évéque saint Julien (év. 680-690) ^. Né de parents juifs, Julien fut à la fois historien, théologien et controversiste, homme d'Église et homme d'État, et jeta, par son talent, un dernier éclat sur le royaume visigothique expirant.
C'est par le nom du vénérable Bède (672-735) ^ que nous clorons cette courte revue patrologique. Bède a été pour l'Angleterre ce que saint Isidore a été pour l'Espagne, un écrivain qui s'est efforcé de lui transmettre un résumé des sciences connues, et en particulier la quintessence des auteurs ecclésiastiques qui l'ont précédé. Esprit original et libre quand il compose l'Histoire de l'Église d'Angleterre, il s'attache étroitement à ses devanciers dès qu'il parle doctrine et théologie. C'est peut-être chez lui modestie voulue autant