Eexaemeron, II, col. iOl
proclamait ainsi que le rite sacramentel reçoit tout son effet, même quand il est posé par un ministre illégitime.
La liste en quelque sorte officielle des sacrements reste ce qu'elle était dans les siècles précédents : « Sunt autem sacramenta, écrit Isidore, baptismus et chrisma, corpus et sanguis* » : ce sont les rites de l'initiation chrétienne. Saint Léon parle cependant du sacrement du sacerdoce 2; Salvien des connubii sacramenta^. Mais il ne faut pas accorder à ces façons de parler trop d'importance : dans l'imprécision où restait encore la notion de sacrement^, le fait d'appeler un rite ou un état un sacrement ne prouve pas qu'on en fît un sacrement au sens strict où nous prenons ce mot.
Sur les sacrements de l'initiation chrétienne, et sur le baptême en particulier, il reste de saint Ildefonse de Tolède un De cognitione baptismi dont le fond est probablement plus ancien, et qui donne une description minutieuse des cérémonies qui, en Espagne, accompagnaient le baptême chrétien. Mais ce n'est pas d'ailleurs notre unique source d'information.
Le baptême chrétien était d'abord nettement distingué du baptême de Jean. Celui-ci par lui-même ne remettait pas les péchés : celui de Jésus les remet ; le premier était conféré par un homme : le nôtre l'est par le Christ comme ministre principal ^.
Dans le nouveau baptême, le baptisé était plongé trois fois dans l'eau, sauf en Espagne où, en haine de
i. ECymoL, VI, 19, 39.