Strom., V,li, col
288 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
ne semble pas même avoir enseigné, comme plus tard Origène, une préexistence des âmes'. Mais, en revanche, il est trichotomiste. L'homme possède en lui deux âmes, l'une charnelle et sensible (aapxixov Trveïï|ji.«), l'autre raisonnable et dirigeante (XoytffTixov xai ^fEir-oyinôv) , qui n'est pas engendrée avec le corps 2. A celle-ci appartient la liberté, car Dieu a voulu que l'homme contribuât à se sauver lui-même : -^{xaç Bï èl f,(Awv aù-rwv 6ouX«ai owÇecOai^ .
Ni le corps n'est essentiellement mauvais, ni l'âme essentiellement bonne : le péché est donc notre fait, mais un fait qui nous est naturel et commun : le Logos seul est sans péché '. Du péché originel Clément ne parle nulle part explicitement. Il connaît sans doute la désobéissance de nos premiers parents, et paraît supposer que leur faute a consisté en partie à s'unir par le mariage plus tôt que Dieu ne le leur avait permis. Il admet encore qu'A.dam a donné aux hommes par son péché un exemple qu'ils n'imitent que trop ; que nous avons été viciés par sa faute; mais il ne précise pas davantage son enseignement ^.
C'est pour nous délivrer du péché que le Verbe s'est incarné^. Bien que notre auteur, préoccupé de la connaissance de Dieu apportée par Jésus-Christ, envisage surtout en celui-ci l'élément divin et invisible de son être, il n'ignore pas cependant ni ne méconnaît son humanité, ni le rôle qu'elle a joué dans l'œuvre du salut.
1. Strom., m, 13, col. U93; IV, 26, col. 1373-1377. Voir cependant Quis dives salvetur,S3, col. 640; Strom., vn, 2, col. 413.