ID., In Isaiam, IV, orat. I {P. G., LXX
le monde : aucun nom pris de la créature ne saurait proprement lui convenir : il est àvojvutxoç ^ .
Dieu cependant est Tauteur de tout ce qui, dans la nature, est positif et bon; Il est donc, d'une certaine manière, tout ce positif et tout ce bien, qui n'est que l'expression multipliée de son unité absolue ; et, à ce point de vue, il est aussi TroXuwvujjioç ^.
On peut donc affirmer quelque chose de Dieu, mais non sans remarquer qu'en étant cela, il est cependant cela excellemment, ou plutôt qu'il est au-dessus de cela, n'étant proprement rien de ce que nous pouvons voir et concevoir, puisque nos idées et nos conceptions sont toujours prises de la créature.
De là, dans la formation de notre idée de Dieu, trois actes intellectuels que l'analyse peut distinguer. Un premier acte, par lequel nous affirmons de Dieu toutes les qualités des êtres dont il est le principe : c'est la théologie affirmative. — Un second acte, par lequel nous nions de lui ces mêmes qualités parce qu'il les dépasse (wç ÔTrèp irdtvxa uTrepoucT]) : c'est la théologie négative. — Enfin un troisième acte, par lequel nous remarquons que notre négation ne détruit pas notre affirmation première, parce qu'elle déclare seulement que Dieu est au-dessus de tout ce que nous pouvons affirmer ou nier de lui, uuep Trajav xal àcpatpeaiv >cat Ô£criv ^. C'est ce que les scolastiques nommeront plus tard via eminentiae. Denys a rendu sensible ce processus par la multiplication des mots composés avec auto, ap/,>i,Ô7r£p et à privatif, appliqués à Dieu. Les premiers marquent que Dieu est l'être, la perfection essentielle, et le principe de tout être et de toute perfection ; les derniers qu'il
1. De divin, nominibus, I, 4, 5, 6 (col. 588, 593, S96);De myslica theologia, V (col. 10^5).