‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 204 sur 424 · Epist. ccxxv, 3; CCXXVI · texte numérisé non relu

Epist. ccxxv, 3; CCXXVI

vent, en somme, 3e condenser dans les trois propositions suivantes :

1** L'homme est capable, sans la grâce, de désirer et vouloir le bien surnaturel, mais non pas de Taccomplir; de commencer à croire, mais non pas de se donner une foi complète.

2^ Dieu veut le salut de tous les hommes, et offre à tous indifféremment la grâce du salut. Tous les hommes peuvent correspondre à cette grâce et y persévérer s'ils le veulent.

3® Il n'y a point de prédestination absolue : la prédestination et la réprobation, considérées en Dieu, sont conséquentes à la prescience des mérites ou des démérites de chacun ; considérées dans l'homme, elles sont simplement la conséquence de sa conduite.

De ces trois propositions la première seule paraît dès l'abord répréhensible et contenir le venin du pélagianisme; les deus^ autres demandent des précisions, mais correspondent d'ailleurs assez bien, dans leur généralité, à ce qu'a toujours admis le sens chrétien des fidèles. Ce mélange de vrai et de faux devait rendre plus difficile la tâche de les réfuter.

La fin de la lettre de Prosper (8) est intéressante, parce qu'elle trace nettement à saint Augustin le programme des questions auxquelles il doit répondre, et pose notamment dans toute sa précision le problème de la prédestination ante on post praevisa mérita. Nous savons comment saint Augustin satisfit à la demande de ses deux disciples par la composition des deux traités De praedestinatione sanctorum et De dono perae^erantiae ^ , et quelles solutions il donna aux difficultés qu'on lui faisait. Si ces écrits affermirent dans leurs convictions ses deux correspondants, ils ne

1. Ces deux traités n'étaient primitivement que les deux parties d'un même ouvrage.

LE SEMI-PÉLAGIANISMR. 283

convainquirent pas ses adversaires, et la lutte persista dans le sud de la Gaule entre augustiniens et semipélagiens. Mais l'évêque d'Hippone n'en vit pas la suite, car il mourut le 28 août 430. C'est à Prosper qu'échut d'abord la mission de soutenir sa cause et de conti-^ nuer son œuvre.

§ 2. — L'opposition de saint Prosper i.

Prosper était simple laïc, et devait avoir, à la mort de saint Augustin, une quarantaine d'années. Augustinien dans les moelles, il s'était identifié en quelque sorte avec le maître, et a toujours prétendu ne faire que répéter son enseignement^. On verra dans quelle mesure cette prétention est justifiée. Quoi qu'il en soit, il n'avait pas attendu la disparition de l'évêque d'Hippone pour prendre la plume contre les nouvelles erreurs. Sa Lettre à Rufin et son poème De ingratis sont de 429 ou des premiers mois de 430. Ensuite, il faut placer immédiatement peut-être les Pt^o Augustino responsionesad excerpta Genuensium ^, explications fournies à deux prêtres de Gênes, Camille et Théodore, sur neuf passages du De praedestinatione sanctorum et du De dono perses^erantid^. Mais la mort d'Augustin a enhardi ses contradicteurs : vers la même époque, des gaulois du parti de Lérins et de Saint- Victor lancent quinze propositions qui se donnent comme le résumé exact de la doctrine augustinienne sur la prédestination, la volonté salvifique de

1. Les ouvrages de saint Prosper se trouvent dans P. L., tom. LI. Travaux : L. Valentin, Saint Prosper d'Aquitaine, Paris, 4900. 51. Jac- QUiN, La question de la prédestination aux F« et VI" siècles, dans la Revue d'histoire ecclésiastique, VII (4906), p. 369 et suiv.

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