‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 207 sur 424 · Epist. ad Rufin., 8, 9, i8; Cent. Collât., X, 2; XI · texte numérisé non relu

Epist. ad Rufin., 8, 9, i8; Cent. Collât., X, 2; XI

4. De ingratis, v. 526 et suir., 450, 584 et suiy., 509 et suiv. ; Cont. Collât., IX, 3;xni,6.

LE SEMI-PÉLAGIANISMÊ. 287

Prosper repousse ces prétentions ou du moins les réduit. D'abord, c'est être pélagien que de présenter la grâce comme une récompense de la bonne volonté et de nos mérites humains ^ Ensuite, il n'est pas vrai que tous soient appelés indiffer enter, car c'est un fait qu'un grand nombre d'hommes n'ont pas entendu annoncer l'évangile; et parmi ceux à qui il a été prêché, beaucoup en ont perçu l'annonce matérielle, sans que leur cœur fût ouvert à ses enseignements^. Et enfin, s'il est certain que le libre arbitre n'est pas contraint par la grâce et s'exerce même sous son influence^, il n'en est pas moins certain que c'est la grâce qui nous fait vouloir et agir, que c'est par la grâce que nous correspondons à la grâce, que la grâce est pour nous, quand nous la suivons, un auxilium quo^ . « Quoties enim bona agimus, Deus in nobis atque nobiscum ut operemur operatur. » Notre volonté n'est pas seulement régie par la grâce, elle est agie. Or « plus est procul dubio agi quam régi. Qui enim regitur aliquid ^git... qui autem agitur agere ipse aliquid vix intellegitur ». Ces deu^t sentences sont de saint Augustin, et Prosper les accepte^. Ainsi, bien que la liberté du converti reste entière, sa conversion est cependant l'œuvre de Dieu : « non a seipso sed a creatore mutatur, ut quidquid in eo in melius reficitur nec sine illo sit qui sanatur, nec nisi abillo sit qui medetur^ ». D'où la conclusion que nos mérites sont des dons de Dieu, et que

1. De ingratis, v. 287 et suiv., 415 et suiv., 426 et suiv., etc.; Cont. Collât., IX, 1; XI, 1,2.

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