‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 234 sur 424 · Ihid., V · texte numérisé non relu

Ihid., V

une expression faillible, et qui n'a toute sa valeur d'inerrance que lorsque l'Église parle tout entière'.

Cette circonstance se réalise quand les pasteurs dispersés sont unanimes dans leur sentiment sur un point donné de doctrine : elle se réalise aussi dans les conciles généraux. Pour qu'ils soient tels, saint Léon exige que les évêques y aient été convoqués « de cunctis provinciis^ » ; mais il n'exige pas que tous ni même le plus grand nombre y aient assisté en effet, puisqu'il donne le titre de général au concile de Chalcédoine, qui ne réunit certainement pas cette majorité 3. Aux réunions de l'Eglise universelle saint Vincent de 'Lérins n'hésite pas à attribuer une autorité irréfragable'*, -et saint Grégoire, dans un texte classique, veut que l'on porte la même révérence qu'aux évangiles : « Sic quatuor synodos sanctae universalis Ecclesiae sicut quatuor libres sancti Evangelii recipimus^. »

Le sentiment de l'Eglise universelle est donc une sûre règle de foi. Et cependant on sait que Vincent de Lérins n'a pas semblé s'en contenter, qu'il exige, pour qu'une doctrine s'impose à la croyance du fidèle, qu'elle ait été admise partout, toujours et de tous : « quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est. Hoc ^st etenim vere proprieque catholicum » ; qu'il veut que

i. Saint Fulgence, comme Tertullien et saint Irénée, trouve la garantie de cette intégrité de la croyance de l'Église dans l'ordre de la succession épiscopalesur les sièges apostoliques : « Quae fidesusquenuDC per successlonura seriem in cathedra Pétri apostoli Romae vel Aniiochiae, in cathedra Marci evangelistae in Alexandria, in cathedra loannis evangelistae Ephesi, in cathedra lacobi Hierosolymae, ab episcopis ipsarum urbium praedicatur » {De Trinit., I).

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