‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 243 sur 424 · Hexaemeroy*-^l, col · texte numérisé non relu

Hexaemeroy*-^l, col

LA THEOLOGIE LATINE DE 430 A 771. 34t

corporels. Bien qu'il les nomme des esprits, Cassien croit aussi qu'ils ont un corps d'une matière plus subtile que celle du nôtres C'est le sentiment de Fauste^, de ClaudienMamert^, de Gennadc*; etsaint Fulgence, sans se prononcer, constate que c'est c'elui de « magni et docti viri », qui attribuent aux bons anges un corps igné, et aux démons un corps aérien^. A partir de saint Grégoire cependant, l'opinion contraire, si elle ne triompha pas complètement, gagna du terrain. Saint Grégoire connaissait les œuvres du Pseudo-Aréopagite. Sans rejeter absolument l'ancienne façon de parler^, il se déclara nettement pour l'absolue spiritualité des anges. Il ne dit pas seulement que ce sont des créatures spirituelles, sans corps : il écarte d'eux l'idée d'une composition de corps et d'esprit^. Au même moment, un évêque de Carthage, Licinianus (vers l'an 600), plaidait vigoureusement la même thèse contre Fauste^. L'autorité de saint Grégoire entraîna l'assentiment de saint Isidore^; et ainsi grandit peu à peu la doctrine qui

1. Il faut citer son texte, qui montre que les mots corps et esprit n'avaient pas pour lui et ses contemporains le sens absolu qu'ils ont pour nous (cf. ce quia été dit des Grecs, p. 203) : « Licet enim pronuniiamu& nonnullas esse spiritales naturas, ut sunt angeli, archangeli, caeteraeque virtutes, ipsa quoque anima nostra, vel certe aer iste subtilis, tamen incorporeae nullatenus aestimandae sunt. Habent enim secunduin se corpus quo subsistunt, licet multo lenuius quam nos... Quibus manifeste colligitur nihil esse incorporeum nisi solum Deum » {Coll. Vn, 43).

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