‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 297 sur 424 · Écrite en 458 ou 459; inquisitio · texte numérisé non relu

Écrite en 458 ou 459; inquisitio

mais il tolère, bien qu'avec répugnance, que l'on soutienne, surtout devant le for ecclésiastique, un procès nécessaire, et que l'on exerce un commerce honnête, s'il en est où l'on puisse éviter le péché. Quant aux jeunes gens qui, se trouvant en danger de mort ou devenus captifs, ont accepté la pénitence, puis qui, délivrés du péril, se sont mariés pour éviter l'incontinence, il ne voit dans leur cas qu'une faute légère sur laquelle il convient de fermer les yeux ^ « In quo tamen, ajoute-t-il, non regulam constituimus, sed quid sit tolerabilius aestimamus. » Saint Léon apercevait donc les vices du système pratiqué jusque-là, et son défaut d'adaptation aux conditions nouvelles de la vie chrétienne ; mais lié par des règles vénérables et par son respect du passé, il avait peine à passer outre.

D'autres évoques d'ailleurs étaient moins clairvoyants et plus sévères. Dans la Viennoise et la Narbonnaise, quelques rigoristes, pour empêcher qu'on ne renvoyât au moment de la mort de demander la pénitence, refusèrent de l'accorder aux mourants qui la sollicitaient. Le pape Célestin protesta au nom de la miséricorde divine et de la puissance de la grâce^ ; et saint Léon, tout en blâmant la négligence de ces chrétiens qui retardent leur pénitence jusqu'au moment « quo vix inveniat spatium vel confessio paenitentis vel reconciliatio sacerdotis », décida cependant qu'on ne devait leur refuser niV actio paenitentiae, nilaréconciliation [nec salis factio interdicenda est nec reconciliatio denegandà) ^ ; et cela même quand, les ayant demandées une première fois, ils les avaient ensuite refusées, à la suite d'une amélioration de leur état ^. Le concile

Page 1