Homil, II, 16, col
406 HISTOIRE DES DOGilES.
reviennent constamment les papes et les conciles, c'est que la satisfaction à imposer au coupable doit sans doute être proporLionnée à la nature des fautes qu'il a commises, mais aussi à ses dispositions, à sa condition, à son âge : le confesseur reste juge, en définitive, de ce qu'il doit exiger, et les canons pénilentiaux n'ont qu'une valeur d'indication * . Il n'y a pas de péchés abstraits, il y a seulement des pécheurs qu'il faut juger et surtout relever : « Tempera paenitudinis, habita moderatione tuo constituente iudicio, écrit saint Léon, prout conversorum animos perspexeris .esse devotos : pariter etiam habens senilis aelatis intuitum, et periculorum quorumque aut aegritudinis respiciens nécessitâtes ^. » Dans la pénitence tarilee, ce point de vue est changé. Et sans doute, les pénitentiels n'oublient pascomplètement les recommandations anciennes. Celui de Bède, par exemple, commence par rappeler au confesseur qu'il doit considérer le sexe, l'âge, la condition, l'état, les dispositions intimes du pénitent, et y attempérer son jugement^; mais les diverses sortes de fautes n'en sont pas moins classées -en catégories, auxquelles on assigne en particulier une pénitence fixe : « Adulescens, si cum çirgine peccaverit^ annum l paeniteat, » Or il est clair que ce mode simpliste de procéder convient à des confesseurs peu instruits, peu soucieux et peu capables d'analyse psychologique, tels qu'étaient bon nombre de prêtres aux vl®-VIII^siècles. A ce clergé les pénitentiels fournissaient des recettes tout indiquées pour chaque genre de maladies morales, des comptes faits .pour
1. Innocent 1, Epist. ad Decentium, dO; S. Léox, Epist. X, 8; CLIX, S, '6; S. Gbkgoiue, Inevang. homil.WNl, G; Conc. d'Hippone de 393, wn. âO d'Angers de 453, carj. 12 (Hansi, ill, 535, XXXI ; VJI, 90:2].