Sei'mo CCXLIV, 4 (P. L., XXXIX
4. S. LÉON, Sermo XXII, 3; S, Ildefonse, Lib. de virg. perp,, II, col. €1;Bède: « Superveniens in virgiuem Spiritus sanctus... mentem illius... ab omni viliorum sorde castificavit, ut caelesti digna esset partu... Spiritus sanctus cor illius cum implevit, ab omni aestu concupiscentiac carnalis temperavit, emundavit a desideriis temporalibus ac donis caelesUbus mentem simul consècravit et corpus » {Homil, I^ 4, col. 12, 13).
nitate concepta, caro fuit utique peccati, quae Filium Dei genuit in similitudinem carnis peccati^. »
En revanche, on met en relief le rôle que la Vierge a joué dans l'œuvre de la rédemption, et la part qu'elle y a prise. Non seulement on reproduit le vieux parallèle d'Eve et.de Marie déjà connu au ii° siècle, mais on en développe les conséquences : « Ob hoc namque Christus nasci voluit, déclare saint Pierre Chrysologue, ut sicutper Evam venit ad omnes mors, ita per Mariam rediret omnibus vita^ ». « lam veni mecum ad hanc Virginem, dira saint Ildefonse à son adversaire juif, ne sine hac properes ad gehennam^. »
L'écrit de saint Ildefonse d'où est tirée cette citation, le Liber de virginitate perpétua sanctae Mariae, peut donner, dans la prolixité de ses effusions tout orientales, une idée de la piété intense qui portait, au vu® siècle, certaines âmes vers la très sainte Vierge. Ce n'est qu'à cette époque cependant que l'Eglise romaine, en dehors de la commémoraison spéciale qui était faite de la Vierge mère au 1" janvier, reçut de Byzance les quatre fêtes de la Purification, de l'Annonciation, de la Nativité et de la Dormition de Marie. En Gaule, il en existait, dès le vi® siècle, une autre placée vers le milieu de janvier, et qu'un concile de Tolède de 656 fixa, pour l'Espagne, au 18 décembre^.
A côté du culte de la sainte Vierge se développe le culte des saints, des saints martyrs surtout, mais aussi des confesseurs les plus célèbres, et de leurs reliques.
\.Epist. XVn, 13 ; FuLGENCE Yewkksx), Epist. m, 4; cf. S.Lr;o>j,5er7no XXIV, 3; S. Grégoire, Moral., XVllI, 84: Bède, Romil. I, 4, col. d3.
2. Sermo XGIX, col. 479 ; S. Maximk de Tcbin, Homil. XV, col. 254.
.3. Liber de virgin. perpet., IV, col. G9.
4. V. L. DuciiEs.NE, Les origines du culte chrétien, p. 258-262. Le récit de la rcsurreclion et de rassoniplion de Marie était connu par des recensions latines du KoijA/icrt!; Mapîa;. Le décret de Gélase signale une de ces recensions : « Liber qui appellatur Transitus, id est assumptio sanctae Mariae apocryplius ».
On les honore, on les prie, on a confiance en leur intercession :
« (Deus) est mirabilis in sanctis suis, inquibus nobis et praesidium constituit et exemplum... Guius (beali Laurentii) oratione et patrocinio adiuvari nos sine cessatione confidimus * ». — « Quisquis ergo honorât martyres honorât et Christum, et qui spernit sanctos spernit Dominum nostrum 2 ». — « Sanctorum corpora et praecipue beatorum martyrum reliquias, ac si Ghristi membra sincerissime honoranda... credimus s. »
Saint Grégoire met cependant au culte des reliques une condition, c'est que l'authenticité de ces reliques soit assurée''; et saint Isidore explique la nature du culte rendu aux saints. D'abord, on célèbre la mémoire des apôtres et des martyrs, mais on n'offre le sacrifice qu'à Dieu. Ensuite :
« Golimus ergo martyres eo cultu dilectionis et societatis quo in hac vita coluntur sancti homines Del... sed illos tanto devotius quanto securius post certamina superata... At vero illo cultu, quae graece latria dicitiir, latine uno verbo dici non potest, cum sit quaedam propriae Divinitati débita servitus, nec colimus nec colendum docemus nisi unum Deum... Honorandi sunt ergo martyres propter imitationem, non adorandi propter religionem, honorandi charitate, non servitute ^. »
A ces pratiques, qui tiennent de plus près au dogme, s'en joignaient une multitude d'autres qui ont en lui, et particulièrement dans la croyance au pouvoir surnaturel de la prière et de la bénédiction de l'Eglise, dans la foi à l'exercice continuel de la providence de Dieu sur le monde et en particulier sur les chrétiens, leur source plus ou moins éloignée. On en trouve dans les