‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 37 sur 424 · Epist. XXXIX · texte numérisé non relu

Epist. XXXIX

LE NESTORIANISME. 51

gneiir, nous savons que les théologiens regardent celles qui unifient comme [se rapportant] à une personne unique, et celles qui séparent comme [se rapportant] à deux natures : et celles qui conviennent à Dieu [comme s'appliquant] au Christ suivant sa divinité, et les plus humbles [comme s'appliquant] à lui suivant son humanité 1. »

A la simple lecture de cette formule, on se rend compte que c'était Cyrille qui, en somme, sacrifiait le plus ses vues particulières. Dans ce texte, il n'était pas question du Verbe, mais bien de Jésus-Christ qui naît du Père selon la divinité, puis de Marie selon Fhumanité. Le ôsotoxoç n'était admis qu'avec l'explication réclamée par les orientaux : on retrouvait le mot vaoç qui leur était cher; les termes [xia cpuaiç, Ivo^ffiç cpudtxv! étaient remplacés par îy TTpoffojTTov, Suo cpuaetov Ivoiaiç, wç liri 5uo cpuorewv, qui, s'ils marquaient l'unité de personne, exprimaient aussi la dualité des natures. Malgré tout, cependant, l'identité personnelle du Verbe avant Fincarnation et de Jésus-Christ était reconnue et plusieurs fois affirmée ; on écartait ffuvacpsia pour parler d'evtoat; ; le principe de la communication des idiomes et avec lui le 6eoToxo; était reçu. Cyrille, s'il ne retrouvait plus sa terminologie préférée, retrouvait, au fond, sa doc-

1. '0(xoXoyov)(ji.ev TOtyapouv tôv xuptov rijAôv 'Iriaoùv XptaxjJv, xov uîov ToO 6eoù, TÔV (xovoY£vfj, ôeov réXetov xai àvSpwTVOv aéXeiov iv.^\)yj?ii XoyiXTÎ; xai tfwfAaxoç" izpo aiwvtov fiev èx tou Traipoç yevvYiôevTa xaxà XT]v 6£0X7)xa, eu' âcrxàxtùv ôè twv yijjiepàiv xàv aùxôv 8i' •f\\i.di<i xaî ôc« XY)v T?j[ji.exépav crwxYipîav èx Mapiaç xvj; TiapÔévou xaxà xriv àvepa)7r6Tr,xa* ôjxooûdtov Tw Tuaxpt xbv aùrôv xaxà xi^v ôsoxrjxa, xat ôfxoouffiov fjjxiv xaxà x9iv àvôpwTTÔTYixa' 8uo yàp çûaewv ëv<o<nç yéypve* 6to ^va Xpi(Tx6v, eva ylov, eva xûpiov Ô[jlo),oyoîj|x£v. Kavà xauxir^v xy)v xyjç àffuyj^^uTou évco- CTSto; Ivvotav ô[xoÀoyou(X£v xy)v àytav uapôévov ôeoxdxov, ôtà xo xbv ôsôv Xoyov ffapxwO^vat xai èvavOptoïr^ffai, xai è^ aùx^; xyjç avXkr^^zoiç évwaai éauxû xbv è^aOx-ri; XiQcpôévxa vaov, Tàç ôè eùayyeXixàç xai àirOdxoXixàç Trepi xou xupiou çwvàc îafxev xoùç QeoXôyouç àvÔpa; xà; (jièv xoivouoio-jvxaç (î)ç Iç' évb; npootoTiou, xàç ôè ôiatpoùvxaç, thc, èrclÔuoçuffetov xai xàç (jièv OeoTrpeTteîç xaxà tt^v 6e6xv)xa xoO Xpt<TXO'j, xà; ôè xaTceivàç xaxà Ti^v àv6pa)7rdxï5xa avxoû Tcapaôiôôvxaç.

trine, car il n'avait jamais été dans sa pensée de confondre en Jésus-Christ l'humanité avec la divinité. Il fut assez grand pourvoir au delà des mots, et d'ailleurs dès ce premier moment, s'aperçut sans doute que ces mots pouvaient s'accorder avec la forme personnelle de sa doctrine. Il signa le formulaire de la paix, donnant, par cet acte, à ses adversaires, le meilleur gage de sa sincérité et de son orthodoxie.

La paix, avons-nous dit, était conclue entre les deux patriarches. Restait à la faire agréer des deux partis. Du côté de Cyrille, outre les gens mal informés comme Isidore de Péluse ^ il y avait de vrais monophysites comme Acace de Mélitène^, qui lui reprochaient d'avoir, en acceptant le formulaire, trahi la cause de la vérité. Cyrille dut reprendre la plume pour se défendre, cette fois, contre ses amis, et détendre l'œuvre de l'union. Il le fit en des lettres où il s'efforça de montrer que la doctrine du formulaire ne différait pas, en substance, de ce que lui, Cyrille, avait toujours enseigné^. Du côté de Jean d'Antioche, les résistances ne furent pas moins vives. Outre le groupe des Ciliciens qui persistèrent à déclarer Cyrille hérétique et l'union nulle de plein droit "*, Théodoret et ses amis, satisfaits à peu près des explications de Cyrille, ne voulaient pas entendre parler de la déposition de Nestorius ^. Il fallut que Théodose II, à l'instigation de Jean d'Antioche, intervînt de nouveau. Sous la pression impériale, les récalcitrants, sauf quinze qui furent déposés, cédèrent peu à peu ^. Théodoret lui-

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