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la nature est tout entière, suivant ce qui la constitue, dans tous les individus de la même espèce, il est vrai de conclure que le Verbe s'est uni à toute la nature humaine, et qu'en lui notre nature est ressuscitée et montée au ciel. Voilà pourquoi saint Paul dit que Dieu nous a conressuscités en Jésus-Christ, encore que nous n'ayons pas été personnellement ressuscites. Et il est vrai aussi de conclure que toute la nature divine s'est unie, dans le Verbe et par lui, à la nature humaine, encore que le Verbe seul se soit incarné, et que le Père et le Saint-Esprit se soient unis à l'humanité seulement xax' eô8oxiav xai pouX^iaiv ^ .
Cette union du Verbe avec l'humanité est xaTot auvôsaiv ^youv xaô'uTTOffxaaiv^, et le Damascène, pour défendre à la fois la dualité des natures et l'unité de personne en Jésus-Christ contre les monophysites et les nestoriens, nous présente absolument les mêmes définitions et théories philosophiques que Léonce de Byzance. L'hypostase ne se confond pas tout à fait avec la substance individuelle concrète : « L'hypostase est le particulier subsistant à part soi : c'est une substance avec ses accidents, qui jouit d'une existence indépendante, propre et séparée des autres hypostases en acte et en fait 3. » Il n'y a pas de nature àvuTro<jTaTo;, pas plus que d'hypostase àvouaio?^. Toute nature est donc uTroffTaaiç ou ivuTTOffxaToç : ou plutôt toute nature est IvuTcoaTaroç, comme toute hypostase est Ivouaio;, puisque logique-
i. III, 6, col. 1001-1008.
2. III, 3, col. 993. Saint Jean l'appelle encore oùortwSr,? {ibid.), c'est-àdire véritable et réelle, pour la distinguer de l'union xatà çavTao-tav.
3. *r'it6<iTaffiç Se To (xepixov (iaii) xai xaô' éauxè yçedTo;, oùdta xiç jiÊtà (xuixSeêr.xoTtov, Trjv xa9' aÙTÔ unapÇiv, lÔiaipéTtoi; xal àTCOTeTfÂiq- |i.évw; TÔiv ),o'.uwv OuoaTàaewv Ivep^eta xal irpocYM-an x>.y]pu)<Ta{i,£vn (De duab. volunt., 4, col. 132, 133; cf. CÔnL iacob., 8, col. 1439j.
4. III, 9, col. 1016, 1017 ; Cont. iacob.^ 11, coi. 1441 ; De naU composita, e, col. 120.
in HiSTorRE; dbs dogmes.
ment toujours, et souvent en réalité la nature ne se confond pas avec l'hypostase. Seulement, une nature peut être IvuiraoTaToç de plusieurs façons : d'abord quand elle existe en soi et comme! un tout indépendant (xKÔ' éauiTvîv), elle est alors à elle seule une hypostase; — ensuite, (juand deux, natures existent et subsistent Tune daas Fautre réciproquement et l'une avec l'autre (<7Ùv IrÉpotç), et concourent à former une hypostase unique : c'est le cas du corps et de Tàme et générale- BQbent des parties d'un tout naturel; — enfin quaad Hne nature subsiste Iv âWpw, dans une hypostase autre que son hypostase naturelle : e'est le cas de l'humanité daa& la personne éternelle du Verbe *.
Ces explications tranchent la question contre les hérétiques. L'humanité prisa par le Verbe ne perd pas sa cpudtç, commje le disaient les monophysites : elle n'est pas non plus iSic(ïvc'caTo<;, comme le prétendaient les nestoriens : elle est IvuTrdaTaToç : elle subsiste dans le Verbe 2. L'union des deux natures, divine et humaine, est donc xaO'uTtoccaciv, et cette union a persévéré même dans le triduum martis. Séparés l'un de l'autre, le corps et l'âme de Jésus-Christ restaient unis au Verbe j bien plus, ils ne formaient pas deux personnes, car Us subsistaient dans la même personnalité du Verbe : divisés par le lieu (toitix5>ç), ils étaient rapprochés ÔTToaTocTtxwç 5 ta Tou Aoyou ^.
Par le fait de l'union hypostatique, la personne en Jésus-Christj de simple est devenue composée, ctuvOetoç, non que la personnalité- du Verbe ait changé, mais parce qxie, si l'on considère le tout, la personne avec
1. Cont. iacob., H, 42, col. 4441; De nat. compos., 6, col. 420.
î. III, 9, col. 4047; De nat. cowpos., 6, col. 420. Saint Jean admet d'ailleurs la formule cyrillienne, (Juca ^û<ri; tou 6eoO lôyov (recrapxwjJiévrj (HI, 4, col. 4024, 1025; Cont. iaeob^^ col. 4460, 4461),