P. L., CV
5. Eginhard Annale», HCCCIX {P, L,, ClYy 47?); Mamsï, XïV,17et suiv.).
A la suite du concile en effet, Charles envoya au pape une ambassade comprenant l'évoque deWorms, Bernliard, Adélard abbé de Corbie et Smaragde abbé de Saint-Mihiel, et qui lui portait, avec les actes du synode, un écrit de Smaragde en faveur de la doctrine du Filioque ^ . Les envoyés devaient solliciter du pape l'autorisation formelle de chanter le symbole de Gonstantinople avec l'addition incriminée par les Grecs. Une relation de l'entrevue de Léon 111 et des ambassadeurs a été conservée par Smaragde^. Le pape approuva complètement la doctrine de la procession du Saint-Esprit a Filio ; mais il fut inflexible sur l'addition du Filioque au symbole et le chant du symbole avec cette addition. Il n'aurait pas approuvé ces innovations, dit-il, si on l'eût consulté d'avance; mais, puisque le mal était fait, il n'y voyait qu'un remède : c'était de laisser la chose tomber dans l'oubli en cessant complètement de chanter le symbole dans la chapelle impériale, puisque aussi bien on ne le chantait pas à Rome.
Cette solution ne pouvait satisfaire l'empereur. Il n'en tint aucun compte, et, sous son règne et celui de ses successeurs, non seulement le chant du symbole avec l'addition fut continué dans la chapelle du palais, mais il se répandit peu à peu dans les Églises de France et d'Allemagne. On en a pour témoins Walafrid Strabon (f 849) ^ et Énée de Paris, qui écrivait entre 867 et 870*.
Le pape n'eut d'autre ressource que de protester. Léon III le fit d'une façon originale, en ordonnant de suspendre à la confession de saint Pierre deux écus
1. C'est VEpistula Caroli magni ad Leonem III papam a Zmaragdo abbate édita (P. L., XCVni, 923 et suiv. ; Mansi, XIY, 23 et suiv.).