Anathem. V, coi
de Marie, Marie a mis au monde un Dieu : elle est ôeoTOïcoç. On se rappelle que c'est la dispute soulevée par ce mot qui occasionna tout le conflit nestorien. Il faut rendre cette justice aux adversaires qu'ils comprirent immédiatement des deux côtés jusqu'où portait cette discussion en apparence purement verbale. Cyrille a consacré à justifier le Ôeotoxoç deux traités entiers, le Quod sancta Virgo Deipara sit et non Christipara, et le Quod beata Maria sit Deipara, sans compter des portions considérables d'autres écrits, par exemple le livre premier de VAdversus Nestorii blasphemiasy et la première partie du De recta fide ad reginas.
Une troisième conséquence tirée par Cyrille de sa doctrine est qu'en Jésus l'homme ne doit pas être adoré d'une unique adoration avec le Verbe (ffUfjiTrpocTxuvsTcjôai), comme si cette adoration avait deux termes distincts, mais doit être adoré comme formant avec le Verbe le terme unique de l'unique adoration, puisqu'il est personnellement le Verbe incarné : 'Hfxeïç Se [xiS TrpoffxJVTiasi Tifxav £Î6i<j[jL6Ôa xôv 'Eji.[xavou^X, ou Stïcrxavxeç toïï Ao'you xo IvwôÈv auTw xa6' uTCOffxaaiv awfjia ^ .
Enfin, dernière conséquence, Jésus étant un en personne, mais Dieu et homme, se trouve être médiateur naturel entre l'homme et Dieu : « [L'apôtre] l'appelle médiateur de Dieu et des hommes, parce qu'il est un des deux substances (wç i\ àj^cpoTÉpcov twv oùffiwv eva ovTa).., Il est donc médiateur de Dieu, parce qu'il est de la même substance que le Père; et il est encore médiateur des hommes, parce qu'il participe complètement, bien que sans le péché, à la nature humaine^. »
1. Adv. Nestor, blasph., U, 10, col. 97; 13, col. 109, H2;IV, 6, col. ■204; De recta fide adreg., I, 6, col. 1-205; Anathem. vni, col. 421.
2. QuodB. Maria sit deipara, 12, col. 269; De incam. unigen., col.
LE NESTOKIANISME. 73
Telle est, dans ses lignes principales, et dans un exposé trop maigre pour rendre le souffle puissant qui traverse les ouvrages du patriarche d'Alexandrie, la conception que saint Cyrille se faisait de l'unité du Christ et du mystère de l'incarnation. On ne peut nier que la personne du Verbe n'y occupe la première et la plus grande place; que l'humanité au contraire n'y paraisse effacée et comme sacrifiée. Mais c'est aller trop loin que de prétendre, ainsi qu'on l'a fait (Dorner, Loofs, Harnack), que, dans le système de Cyrille, l'humanité de Jésus-Christ n'est pas une humanité vraie, une substance humaine solide et individuelle, mais seulement le groupement des propriétés essentielles de l'humanité qui auraient pour centre et pour support la substance même du Verbe ^ . Cette opinion, qui repose sur une fausse interprétation du mot cpuai; dans Cyrille, va contre les affirmations formelles du patriarche. Il dit et répète qu'il y a eu, dans l'incarnation, cuvoooç 7rpaY,u.àTcov yjyouv &7to(yTa<reojv ^, que le Fils est un 6x Suûïv îrpaY^jiaToiv ^ : et, s'adressant à Théodoret, qui a parlé de la forme (uopcpii) de Dieu qui a pris la forme du serviteur, il remarque que ces formes ne se sont pas unies sans leurs hypostases (Sr/^a xwv uTrodTàffecov), sans quoi on n'aurait pas une vraie incarnation (iva xai ô t9î<; £vav6pco7riqa£(oç Xoyoç âXyiÔîoç "^E^ia^on 7ri<7Teur|-
Mais enfin, dira-t-on, Cyrille n'admet en Jésus- Christ qu'une seule cpocriç après l'union. Cela est vrai, et il est vrai par conséquent que si l'on ne regarde qu'aux mots, Cyrille est monophysite. Cette consta-
i. Dans ce système, il n'y a pas enhypostasie de la nature, il y a insubstantialion des propriétés humaines dans le Verbe.