In Lucam, col. 937 A, 863 B
LE NESTORIANISME. 77
Sauveur à sa volonté divine, le (xri ÔeXsiv dtTCoÔaveîv au vouloir divin ^ . Cette conclusion toutefois ne fait pas que Cyrille n'ait pu, à certains moments, envisager les choses d'une façon plus synthétique, et paraître alors favorable à la doctrine de l'unique opération dans le Christ. Il a, en effet, anticipé parfois la théorie sévérienne d'après laquelle rivspyeta ne se distingue pas de l'hypostase ou de la personne se mouvant vers le terme qu'elle veut atteindre, u-rrocrTacriç eîç Ipya xExivyjjjLsvy) 2. Dans ces conditions l'evspYeia de Jésus- Christ est nécessairement unique, encore qu'elle s'exerce tantôt par la nature divine seulement, tantôt par le moyen de la chair. Et ainsi s'explique le texte objecté par les monothélites où notre auteur, commentant le fait delà résurrection de la fille de Jaïre, parle de la [xi'a ^woiroioç Ivep^sia Xpiaxou, et dit que le Christ [J.iav is x»t(JUYY£VYj Bi àu,cpoîv eTriâeîxvuai TrjV Ivépyeiav^. Il s'agit ici de la puissance viviiicatrice du Verbe, qui se manifeste en associant la chair comme (yuvspYaxyiv à son opération divine.
Sur la science humaine de Jésus-Christ, saint Cyrille n'est guère plus décisif que les Pères grecs qui l'ont précédé. On se serait attendu à le trouver plus tranchant.
Il examine dans le Thésaurus^ assertion xxii^', le texte De die et hora nemo scit (Matlh., xxiv, 36; Marc, xiii, 32). Sa solution est que Jésus-Christ a dit qu'il ignorait le jour du jugement comme homme, et non comme Verbe, et qu'en cela, il a gardé l'ordre
4. In Lucam, col. 924 B ; In Matth., col. 456 G; In loan., col. 532 B, [kJS BD; In psalm. LXIX, col. 1169 B.